Jour 211 à 215 : Je me laisse guider…

Samedi 2 septembre :

Je prends mon temps, et me régale d’un brunch complet avant d’aller rejoindre la gare pour quitter les Blue Mountain, et retourner à Sydney.

Surprise : en raison de travaux sur les voies, la gare est fermée, et on m’indique que  c’est en bus que je vais rejoindre une autre gare. ½ heure plus tard, le bus nous dépose à la gare de d’où le train pour Sydney est prêt à partir.

Arrivée à destination, je prends le bus jusqu’à Waverley, et retrouve Jenny à la maison. Elle a prévu que nous allions en ville en fin d’après-midi, nous retrouverons une de ses amies pour y dîner ensemble.  Nous partons en voiture de la maison, pour la garer au plus près du centre, sur un stationnement gratuit, et nous prenons le bus.

Mercredi nous avons visité l’hyper-centre le plus connu et fréquenté de Sydney, ce soir Jenny me fait visiter ses quartiers favoris. En commençant par Chippendale, le quartier des galeries d’art.

Elle m’explique alors qu’il y a 20 ans ce quartier était mort et mal famé. C’est Nicky, la maman de Katya (et meilleure amie de Jenny, si vous avez suivi) qui a amplement contribué à en faire l’endroit branché et animé qu’il est aujourd’hui, en y ouvrant un café où elle proposait à des artistes d’exposer leurs œuvres.

De fil en aiguille, l’endroit est devenu à la mode. Puis elle a créé une galerie d’art dans une ancienne église presbytérienne qu’elle a totalement réhabilitée.

IMG_9794L’idée a essaimé, elle fondé une association pour faire vivre ces lieux en proposant des animations, des festivals… et voilà comment, aujourd’hui, Chippendale est un quartier animé, vivant, dédié à l’art, fréquenté par beaucoup d’étudiants notamment, où il se passe toujours quelque chose.

Nicky elle, à l’âge de la retraite, a décidé de changer de vie en quittant l’Australie pour l’Europe. Anglaise ayant étudié au lycée français de Londres, c’est en France, en Provence, qu’elle a élu domicile depuis cet été. Mais pas question d’une vraie retraite oisive : son amour de l’art ne l’a pas quittée pour autant, et c’est une résidence d’artistes qu’elle a ouvert dans le superbe mas provençal du XVIIIème qu’elle a acheté dans le village d’Eygalières, le Mas des Pèlerins. Je suis d’ailleurs invitée à y aller, et j’ai bien l’intention de répondre à cette invitation, ayant tout autant qu’elle envie de la rencontrer.

Pour revenir à notre soirée, je découvre aussi l’endroit où se tenait une grande brasserie, où les logements qui accueillaient les ouvriers, ont été laissés des années à l’abandon après la fermeture de la brasserie, et où des bidonvilles ont peu à peu rendu les lieux infréquentables. Ici aussi, un gros travail de réhabilitation a été entrepris par la ville, et des constructions modernes et esthétiques ont remplacé les taudis – notamment un building végétalisé, avec la plus grande production d’énergie solaire de l’hémisphère sud, que l’on doit à 3 français, dont l’architecte Jean Nouvel (bien connu des havrais puisqu’on lui doit Les Bains des Docks), et dont les panneaux solaires se parent de jeux de lumières à la nuit tombée – des œuvres d’arts ont aussi été installées.

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IMG_9797La visite guidée avec les explications de Jenny est passionnante.

Nous partons aussi à la chasse d’un nouveau building, qui héberge la Business school de Sydney, construit par Frank Gehry un célèbre architecte américano-canadien, qui a notamment dessiné le musée d’art moderne de Bilbao, et crée souvent la polémique à cause de l’originalité de ses constructions. Nous tombons dessus presque par hasard, en découvrant d’abord le « dos » du bâtiment, fait de verre et d’acier, juste au coucher du soleil.

IMG_9799Le résultat est fabuleux. Les habitants appellent cet immeuble « paper bag » tant sa façade particulière ressemble à un sac en papier.

IMG_1772Nous y entrons pour voir l’intérieur, qui se révèle aussi étonnant que l’extérieur.

IMG_1776Après ces belles découvertes nous allons dans un magasin de vente d’alcool acheter du vin pour ce soir. Ici la vente d’alcool est très règlementée, et n’est autorisée que dans des magasins spéciaux. Il est impératif d’être majeur pour en acheter, de même que la consommation dans les bars est strictement interdite aux mineurs. Quant aux prix, ils sont hallucinants  compter 10 à 12$ pour la moindre bouteille de vin. La bière est elle aussi très chère. Nous achetons 2 bouteilles de vin blanc et des verres à pied jetables.

Selon les habitudes australiennes, c’est dehors, dans la rue, que nous allons boire et manger ensuite. L’idée est d’acheter des plats à emporter et de s’installer sur un banc par exemple.

Mais justement ce soir il y a un festival dans les rues de Chippendale. Pour l’occasion, des longues tables et des bancs ont été installés dans la longueur de la rue. Des chanteurs ou groupes se produisent un peu partout.

Nous retrouvons comme prévu l’amie de Jenny, ainsi que Déborah, sa locataire brésilienne, et nous nous installons à l’une de ces tables pour trinquer. Puis nous allons chercher nos repas dans « Spice alley ». Une longue allée parallèle à la rue principale, où se succèdent en enfilade des « restos » asiatiques, essentiellement pour de la vente en « take away » (vente à emporter), selon la pratique la plus courante ici.

imageNous prenons chacune un plat différent pour partager le tout, et retournons nous installer. Il fait bon, on sent vraiment le printemps, et je passe réellement une excellente soirée, avec l’impression d’être avec des amies de longue date. Beaucoup de rires, ces femmes ont vraiment un tempérament très jovial, et le vin fait son effet aussi.

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Là où je suis très surprise, c’est quand je vois que la rue se vide peu à peu, que les musiciens remballent leurs affaires, que du personnel commence à venir replier les tables et nettoyer, et que je regarde l’heure : il est à peine 21h30 et la soirée est déjà terminée ! ça se passe comme ça ici : on commence à boire tôt – sans même vraie notion d’apéritif – on dîne dans la foulée, et on rentre se coucher…

Nous nous séparons donc de son amie, et Déborah nous propose de partager un taxi, Jenny ayant « trop » bu pour conduire sa voiture qu’elle ira récupérer demain. Ici la règle concernant l’alcool au volant est aussi stricte qu’en France.

Nous voilà rentrées relativement tôt, mais j’ai vraiment passé une de ces soirées entre copines qui font du bien.

 Dimanche 3 septembre :

Aujourd’hui Jenny m’a encore concocté un super programme de visite :

Nous partons, à pied jusqu’à l’endroit où nous avons laissé la voiture,  et la prenons pour aller jusque dans le centre, les parkings étant nettement moins chers le dimanche.

Il fait très beau et chaud aujourd’hui, une vrai journée d’été.

Nous passons acheter de quoi pique-niquer, et allons nous installer sur un banc dans un des parcs. Nous avons des petits visiteurs intéressés.

IMG_1791Puis nous empruntons à pied « Harbour Bridge », le pont qui relie ce côté de la ville à « North Shore », mais surtout qui nous permet d’avoir une vue extraordinaire sur la ville et sur la baie.

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Au pied du pont, nous allons jusqu’au Luna Park, un parc d’attraction historique de Sydney, avec une atmosphère délicieusement rétro.

Nous nous y posons le temps d’un thé en terrasse.

F5097083-118A-4150-B513-1B8E315E7B4ANous reprenons le pont dans l’autre sens, et cette fois, c’est l’un des quartiers historiques de Sydney « The Rocks » que nous explorons.

téléchargementOn trouve ici des tas de petites boutiques – dans l’une d’elles Jenny insiste d’ailleurs pour m’offrir une paire de boucles d’oreille. C’est le monde à l’envers, c’est elle qui m’invite, et qui me fait un cadeau…

On y trouve aussi les plus vieux pubs de Sydney. Nous en profitons pour aller boire une pinte de bière dans un fameux Pub irlandais que Jenny affectionne particulièrement. Nous y parlons d’ailleurs beaucoup de l’Irlande puisque son ex-mari était de Belfast. Elle connaît donc très bien ce pays aussi, et comme moi elle a une affection particulière pour lui. Ses 2 fils ont d’ailleurs des prénoms irlandais, et sont nomades – comme le mien. L’un vit à Hong-Kong actuellement, et le second à Bali…

La journée a encore été riche en belles découvertes.

IMG_9810Nous rentrons fourbues à la maison après nous être arrêtées faire quelques courses.

Nous dînons d’une soupe et de fromage accompagné de vin rouge, sur les canapés du salon, confortablement installées – comme à la maison !

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Lundi 4 septembre :

Aujourd’hui je suis seule pour la journée complète puisque Jenny a un anniversaire ce soir, et rentrera donc très tard.

Je vais découvrir Manly Beach, une plage dans un quartier périphérique tout au nord-est de Sydney. On y accède en ferry depuis Circular Bay. Je prends donc d’abord un bus, puis le ferry qui traverse la baie. Le trajet en lui-même vaut le déplacement.

La particularité de Manly est d’avoir 2 plages, l’une sur la Baie de Sydney, et l’autre, Manly Beach sur le pacifique.

Je fais les boutiques dans la rue piétonne qui mène du quai à la plage.

IMG_1839Je m’installe sur la plage pour manger les sushis que je me suis achetés en route, tout en bouquinant.

IMG_1840Retour en fin de journée, en descendant du bus quelques arrêts plus tôt pour rentrer à pied en passant par le quartier commerçant animé de Bundi Junction.

 

Mardi 5 septembre :

Encore une journée à explorer la ville seule.

Je prends le train à partir de Bundi Junction, comme nous l’avions fait le premier jour. Je me  promène un peu dans le centre avec la satisfaction de me repérer et déjà me sentir en terrain connu.

IMG_9913Je vais alors jusqu’à Darling Harbour.

IMG_1848Ancienne zone portuaire sur le déclin, ce quartier a été redynamisé pour en faire un centre touristique majeur. On y accède par une large passerelle, pour trouver à l’arrivée, cafés, restaurants, espaces verts, promenades aménagées et centres commerciaux.

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Puis je retourne dans The Rocks pour y visiter le musée qui raconte d’une part la colonisation de l’Australie, et d’autre part la vie quotidienne dans ce quartier historique, depuis la naissance de Sydney jusqu’à nos jours.

IMG_1803Je ne rentre pas trop tard car j’ai proposé de cuisiner le dîner de ce soir.

J’ai donc préparé une pâte sablée et une crème pâtissière avant de partir ce matin, pour faire une tarte aux myrtilles. Et je m’attelle à la préparation de lasagnes aux épinards, fromage de chèvre et saumon. J’ai invité Déborah et Angelina à se joindre à nous.

Quand elle rentre de l’université, Jenny nous propose de préparer un Spritz pour l’apéritif.

6D1DBCC8-6476-455C-97DA-D47EFEF5C4D5C’est un succès, je ne connaissais pas et trouve ça délicieux. Le dîner à suivre est tout aussi réussi et nous nous régalons. Ça va, je n’ai pas perdu la main.

Les filles sont ravies que j’aie vu un peu grand pour le dessert et qu’il y ait des tartelettes en rab pour leurs gamelles de demain…

La conversation entre nous 4 est très sympa et légère. Les filles m’en disent un peu plus sur leurs études, nous parlent du Brésil. Déborah est très étonnée d’apprendre que c’est Oscar Niemeyer qui a créé le Volcan au Havre, nous avons donc un point commun puisqu’il a aussi construit le Musée de la ville où elle habite…

C’est ma dernière soirée à Sydney puisque demain soir je m’envole pour la dernière étape de mon périple, la Nouvelle-Zélande.

 

Mercredi 6 septembre :

Mon vol n’étant qu’à 19h40, je peux profiter de tout le début de journée.

Jenny me propose d’aller voir le quartier de Sydney où elle a longtemps vécu, et où habitait Katya. C’est un quartier maintenant très coté. Il y règne une ambiance de village avec de belles maisons cossues, des petits cafés et petits commerces.

Nous achetons de quoi aller pique-niquer dans l’immense Centennial Park voisin.

Ce parc, fondé autour de 2 lacs, sur un territoire aborigène, abrite notamment des espèces protégées d’oiseaux migrateurs.

Il serait le parc préféré des habitants de Sydney. On peut y faire du sport, des promenades à cheval, au milieu d’une forêt d’eucalyptus où vivent des milliers de chauve-souris, et bien sûr, y admirer les oiseaux…

IMG_1914Nous nous y promenons et y pique-niquons au soleil, toutefois moins chaud que ces derniers jours.

Puis il est temps de rentrer pour prendre mes bagages préparés ce matin.

Jenny me dépose à l’arrêt de bus, et nous nous séparons sur la promesse de nous revoir.  J’ai la boule dans la gorge de la quitter. J’ai vraiment trouvé une amie avec qui j’ai eu de belles discussions, et auprès de qui il est facile de se confier. Elle sait écouter et conseiller, partager, Et elle est d’une générosité infinie.

Nul doute qu’elle fera escale au Havre lors de son prochain voyage en Europe, qui ne saurait tarder puisqu’elle prendra sa retraite en début d’année prochaine.

Elle aimerait d’ailleurs se convertir en guide touristique en axant ses visites sur l’architecture et l’art, comme elle l’a fait avec moi.

Je mesure la chance inouïe que j’ai eue de pouvoir découvrir Sydney à travers ses yeux et son vécu. En tout cas, elle a vraiment su me faire apprécier sa ville, où j’aurais plaisir à revenir si l’occasion se présente un jour.

Au final, alors que je venais en Australie, un peu en mode « ça ne m’attire pas », « j’y vais uniquement parce qu’Adrien y est », j’ai passé un excellent séjour et j’en garderais un très très bon souvenir. Et j’ai eu la chance d’en voir 2 aspects bien distincts : le bush, et la vie proche de la nature, et Sydney et sa richesse culturelle.

Mon seul regret est peut-être de ne pas en avoir beaucoup appris sur les Aborigènes. J’ai vu une petite exposition à la Bibliothèque de Sydney, sur la culture aborigène et le destin de ce peuple sacrifié sur l’autel de la colonisation, mais avec plus de temps, j’aurais aimé aller plus loin et en savoir plus… Une prochaine fois, qui sait ?

 

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