Jour 39 : Komplong Phluk

Déjà une semaine que je n’ai rien publié, mais elle a passé à vitesse grand V. Il faut dire que depuis que je suis à l’école, j’ai nettement moins de temps et de motivation pour m’isoler et écrire. Et le soir… je dors ! On dirait même que je suis fatiguée de mes journées.

Mais pour l’heure, retour une semaine plus tôt…

Dimanche 19 mars :

Aujourd’hui c’est en bus que je pars pour un tour organisé : visite d’un village flottant à une trentaine de km de Siem Reap au bord du lac Tonlé Sap.

C’est en compagnie de 4 françaises qui logent à la même guesthouse que moi que j’attends le mini-bus qui doit nous conduire à Kompong Phluk ; 3 femmes de plus de 70 ans, pleines d’énergie qui se sont rencontrées sur un forum dans le but de partager leur voyage au Cambodge, puis au Vietnam. Après avoir échangé par mail pour préparer le voyage, elles se sont rencontrées pour la première fois 3 jours plus tôt à Roissy. La 4ème est une jeune femme qui passe juste 10 jours de vacances au Cambodge. Le hasard veut que nous ayons réservé la même visite le même jour. J’avoue que j’apprécie ces rencontres et le fait de parler français pendant quelques heures.

Nous suivons un moment la route principale « highway » qui part de Siem Reap vers le lac. Puis nous bifurquons, traversons quelques villages pour suivre une rivière, sur des routes de terre. Le niveau de l’eau est très bas, et beaucoup d’embarcations sont échouées, nous sommes en saison sèche. Puis les premières maisons sur pilotis apparaissent jusqu’à l’arrivée au village.

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Un village flottant en saison sèche ne flotte pas du tout. Les maisons sont perchées à 6 ou 7 mètres de haut, pour être au-dessus de l’eau à la saison des pluies.

Mais en ce moment, la vie se passe aussi au sol. Le dessous des maisons est investi, il y a des arbres, des plantes. Le sol est de la terre rouge, comme partout ici. La poussière rouge est partout.

Quand nous descendons du car, nous sommes autant des sujets de curiosité pour les habitants qu’ils le sont pour nous. Je ne me sens cependant pas du tout à l’aise au milieu du groupe d’occidentaux, descendant de notre bus avec nos appareils photos à la main. J’essaie de relativiser en me disant que notre présence les aide à vivre aussi, puisque le tour opérator reverse une partie du prix aux villageois, et qu’il y a aussi un genre de péage avant d’y arriver. Nous leur achetons aussi des fruits, des babioles. Mais je me vois et je n’aime pas du tout ce que je suis à ce moment là. Difficile de m’ôter cette image négative de la tête : les riches blancs qui viennent voir la misère de plus près. Je ne l’ai pas ressenti jusqu’alors, parce que je n’ai jamais été en « troupeau ».  Je suis à des endroits, où je vis pour quelques temps – et c’est la vie autour de moi que je photographie. Alors que là je suis juste en visite, spectatrice de la vie d’autres humains… Ce n’est pas la misère qui me pose problème, parce que je ne l’envisage pas comme telle. D’ailleurs, qu’est-ce-que la misère ? Les gens ici sont pauvres, c’est un fait, extrêmement pauvre même, mais ils ne semblent pas malheureux, ni dénutris.  Leur mode de vie est tellement différent du nôtre qu’il est impossible d’évaluer les choses avec nos échelles de valeur. Cependant, malgré mes sentiments ambivalents, je ne m’interdis pas de prendre des photos comme je le devrais peut-être si j’étais cohérente (même pas en fait : si j’étais cohérente je ne serais simplement pas là) ; ce que je vois est tellement extra-ordinaire de mon point de vue de française.

Après avoir fait le tour du village et visité le temple, avec les explications du guide qui nous accompagne, nous nous dirigeons vers la rivière pour embarquer et rejoindre le lac. Il y a peu d’eau et on sent que l’embarcation peine parfois.

L’eau est marron, extrêmement boueuse. Après quelques minutes de navigation nous arrivons sur le lac, immense. On ne voit pas les rives, on croirait la mer, les vagues en moins.

Et ici, ou là, des maisons flottantes.

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Nous nous dirigeons vers l’une d’elle et débarquons. Il s’agit en fait d’un restaurant. Nous y voilà pour une bonne heure.

Même si c’est magnifique, pas grand’chose d’autre à faire que boire un coup. Je discute bien agréablement avec mes compagnes d’un jour.

Au retour, nous assistons à un superbe coucher de soleil sur le lac depuis le bateau, et reprenons la direction du village pour retrouver notre bus.

Retour de nuit, avec la frustration de ne pas pouvoir nous arrêter dans certains villages qui ont l’air très vivants et animés.

J’ai parlé aux françaises du petit stand à deux pas de la Guesthouse, où je prends souvent mon dîner, parce que c’est délicieux, et vraiment très très économique. Et notamment du bœuf Lok-lak, spécialité cambodgienne absolument délicieuse (bœuf émincé, mariné dans du jus de gingembre, cuisiné avec des oignons et des sauces parfumées, servi avec des rondelles de tomate, d’oignon –que je laisse de côté, vous me connaissez – et du riz avec un œuf frit dessus, préparé sur demande, pour 3$ seulement la grosse assiette. Elles me demandent si elles peuvent se joindre à moi et nous allons directement dîner à la descente du bus. La douche attendra même si nous sommes horriblement poussièreuses et poisseuses aussi.

Peut-être recroiserais-je ces dames au Vietnam et ça sera avec grand plaisir parce que ça a vraiment été une rencontre agréable, courte mais riche. D’ailleurs mesdames, si l’une de vous me lit, j’aimerais que vous me fassiez signe pour que nous puissions communiquer.

 

6 commentaires sur « Jour 39 : Komplong Phluk »

  1. A nouveau de superbes photos qui donnent envie de visiter le Cambodge. J avais visité un village flottant dans le sud de la Thaïlande, habité par ce qu ils appellent « les gitans de la mer » de religion musulmane et j en garde un souvenir ému. J attends avec impatience tes commentaires sur ton expérience à l école. Bonne continuation. Bizzz

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  2. Bonjour Catherine,
    Voilà une belle journée qui fait envie de vivre !
    Est-ce que tu pourrais me dire le nom de ce village flottant que tu as visité et le nom de la guest house où tu logeais dans ce village à 30 kms de Siem Rep ?!
    Merci (je continue ma lecture…. :-p)

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    1. Bonjour Cathy,
      Merci de me lire et de ton commentaires mais j’avoue ne pas bien comprendre tes questions 🙄
      Le nom du village flottant : c’est Komplung Phluk (comme indiqué dans mon article et dans le titre également 😉
      Et je n’ai séjourné dans aucune Guesthouse à 30km de Siem Reap : j’ai séjourné seulement à la Poeuy Rural School, à 15km de Siem Reap, pendans mon mois de volontariat, et sinon dans le quartier Wat Bo Village, à Siem Reap même…
      Je ne sais pas ce qui t’a induite en erreur…

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      1. …re bonjour Catherine,

        J’ai dû sans doute lire trop vite et ne pas faire attention au nom du village ! Mille excuses… J’étais trop pressée de lire la suite de ton voyage :-p
        Merci pour ta réponse en tout cas. Je vais me replonger dans ton blog !
        à bientôt
        Cathy

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