Jours 62 à 64 : Let’s go party !

Dimanche 9 avril :

Un dimanche tranquille à Siem Reap, à flâner dans la ville. Je préfère nettement l’ambiance de la journée dans le centre ville, que celle de la nuit. Trop de touristes, trop de sollicitations, trop de lumières, trop de bruit, trop de « tuk-tuk lady ? ». Hier soir, samedi en plus, ça m’a vraiment gavée ; j’avais envie de hurler « NOOOON je ne veux pas de tuk-tuk ! » « NOOOON je ne veux pas de glace, ni cocktail, ni tee-shirt, ni bananes, ni pancakes… !!! ». Evidemment le spectacle vaut toujours la peine : voir tous ces stands de rue, notamment les « tuk-tuks cocktails », bars ambulants qui s’installent à la nuit tombée pour proposer cocktails et autres boissons à des prix défiant toute concurrence avec une ambiance sonore qui fait saigner mes oreilles.

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Résultat je suis rentrée tranquillement à pied après avoir dîné dans la rue, en m’éloignant rapidement des rues touristiques. J’y retourne avec bien plus de plaisir en journée : ça reste animé mais plus tranquille. Je m’y sens plus à l’aise.

Puis lecture, écriture, discussion avec Léa à la Guesthouse. Et retour à l’école en fin d’après-midi avec Mr Smile le bien nommé, le chauffeur de tuk-tuk que je connais bien maintenant, et qui vient même me saluer dans ma classe quand il vient à l’école pendant les heures de cours. Il ne me fait d’ailleurs plus payer que 6 euros pour le même trajet au lieu des 7 ou 8 habituels…

Lundi 10 avril :

Lewis et Lizzy, le couple d’américains repartent aujourd’hui. Je reste donc seule avec Poeuy, Samon et leurs 3 filles. Leurs nièces sont retournées chez leurs parents pour les vacances. Du coup un petit changement notable est effectué : le poste de télévision est déplacé depuis la chambre de la famille vers la pièce commune où nous prenons nos repas tous ensemble. Les filles assises sur la table la plupart du temps,

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et… la télé allumée ! Pas vraiment une bonne nouvelle pour moi. Même si voir les émissions diffusées donne aussi un aperçu de la culture. Les séries indiennes genre « Les feux de l’amour » s’enchaînent. Constamment entrecoupées de spots publicitaires, et même pendant la diffusion des bandeaux de pub défilent continuellement. Au programme, du théâtre traditionnel mimé, du théâtre de marionnettes en ombres chinoises, des films chinois ou indiens, des séries cambodgiennes avec plein de lady-boys, des émissions de chansons et karaokés dont les cambodgiens sont friands. Après le repas, une fois que les chats sont venus terminer les plats,

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un coup de chiffon, et Samon et les filles s’allongent sur la table pour la sieste devant la télé et… Facebook.

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Le smartphone tient autant de place ici que partout ailleurs. Tous les ados semblent en avoir un. Poeuy est d’ailleurs parfois obligé de couper le wifi pour les cours de grammaire du soir. Sur les marchés, la plupart des vendeurs et vendeuses, qui semblent pourtant très pauvres, attendent les clients en jouant sur leur téléphone. Je suis par ailleurs surprise de la qualité de la couverture 3 ou 4G, et j’ai lu que les plus isolés des villages ont une bonne qualité de réseau mobile. Quant au Wifi, même si le débit à l’école est un peu faible si je veux publier mes articles ou charger des photos, il est tout à fait correct. Et il est proposé dans tous les établissements en ville.

Ce soir pour le dîner j’ai droit à un met d’exception dont les filles semblent se réjouir : Samon apporte ce qui ressemble à un plat de viande hachée, ou de semoule, j’hésite. Samon me le tend en me disant de goûter : j’en prends une pincée ; ce n’est pas mauvais du tout, parfumé, un petit goût de viande que je n’identifie pas. Je lui demande donc ce que c’est. Je ne comprends pas la réponse et me penche donc  de plus près sur le plat pour examiner ces petits morceaux. Là je comprends ce que Samon m’a répondu : « red ants » ; fourmis rouges ! En effet on les voit très bien, et les petites « graines » blanches sont des œufs.

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Ils en raffolent. Je m’en sers une part que je mange avec mon riz. Honnêtement c’est bon, même si je ne me régale pas autant qu’eux. Et j’évite quand même de regarder de trop près chaque bouchée. Le lendemain, au menu ce sont des pattes de poulet. Là je ne suis vraiment pas friande : de la peau grasse et du cartilage, pas mon truc…

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Par contre un soir je m’étais régalée avec des grenouilles. Samon en avait trouvé 2 belles dans le champ derrière l’école. Siddao me les avaient montrées et dit qu’ils allaient les manger. Pendant le dîner avec les volontaires, je suis donc allée faire ma curieuse en cuisine pour voir comment elles étaient préparées. Elles étaient évidemment dépecées et vidées, grillées, et m’ont semblé très appétissantes. Là Samon m’a demandé si j’aimais. Je lui ai donc expliqué, avec l’aide de Sidao , qu’en France nous mangeons uniquement les cuisses, et que oui, j’aime beaucoup ça. Elle a alors insisté pour que j’en prenne une. Quand je suis revenue à table avec ma grenouille dans un plat, aucun autre volontaire excepté James n’a voulu y goûter. J’ai donc partagé avec Poeuy et Sambath et je me suis véritablement régalée…

Mardi 11 avril :

Aujourd’hui dernier jour avant les vacances. Il n’y a pas de cours mais une « party » est prévue à l’école à partir de 15h. Je vais donc au marché le matin pour acheter du soda et des bonbons pour les enfants. C’est la première fois que j’y vais toute seule. On m’observe beaucoup mais certains villageois me reconnaissent et me saluent amicalement. Je croise aussi des élèves qui me sautent au cou. Le nouvel an Khmer est à la fin de la semaine et une effervescence inhabituelle règne. Tout le monde achète ses décorations et de quoi faire des offrandes. Je profite du temps dont je dispose pour me promener plus longuement que d’habitude dans le village.

 

A l’école, Poeuy a sorti et branché d’énormes enceintes, et met la musique à fond. Au programme de l’après-midi : batailles de talc (la tradition veut qu’au nouvel an on se lance du talc, et qu’on se barbouille le visage les uns les autres),

 

jeux, danse, et … porridge de riz. Les sœurs de Samon arrivent en renfort pour éplucher et couper les ingrédients qui seront cuits dans une énorme marmite, sur un feu de bois à l’extérieur.

 

Il s’agit d’un plat traditionnel, sorte de soupe au riz très cuit, parfumée et agrémentée de légumes et d’abats de porcs et cœurs de bœuf émincés (de la viande hein, pas des tomates), et dans laquelle on rajoute des crudités (citronnelle, concombre, salade…) au moment de déguster.

A 15h les enfants arrivent, et la fête commence. J’avais un stock de ballons de baudruche avec lequel j’étais partie de la maison, sans trop savoir à quel moment j’en aurais l’utilité. L’occasion est trouvée. Une chance, j’en ai quasiment assez pour tous. Je distribue aussi les bonbons et j’ai évidemment beaucoup de succès.

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C’est la dernière fois que je vois les enfants à l’école et je profite de ces moments festifs avec eux. Ils m’apprennent leurs danses, tentent de m’apprendre des chansons aussi, mais là c’est plus compliqué… Mais les chansons passant en boucle, j’ai bien en tête les mélodies. Je découvre que les tubes « Macarena » et « Barbie girl » ont beaucoup de succès ici.  Vers 17h, on rajoute des bureaux dans l’une des classes, Poeuy remplit une grosse bassine d’eau pour que tous les enfants se lavent les mains, , et ils s’installent dans la classe pour le goûter ; un bol de porridge leur est servi ainsi qu’un verre de soda. Visiblement ils se régalent, engloutissent leur portion et se resservent plusieurs fois. J’imagine mal servir le même plat à des petits français (même à des grands d’ailleurs…). Ceci dit, si on proposait à ces enfants cambodgiens des chocolats chauds avec des petits pains au chocolat ou des biscuits, je ne suis pas sûre qu’ils apprécieraient non plus.

 

Après manger, c’est le moment des jeux tels que le tir à la corde avec un succès jamais démenti, partout dans le monde j’imagine, ou des parties de jeu du béret. A nouveau un peu de danse, cette fois même les plus réservés sont dans l’ambiance et s’y mettent aussi sous la houlette de DJ Poeuy au micro.

 

Puis à la tombée de la nuit, peu à peu, tous rentrent chez eux…

Je ne regrette pas d’avoir décidé de rester pour partager ces bons moments.

Et pour l’ambiance, voyez plutôt :

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