Jour 72 : Ah qu’est-ce-qu’on est serrés…

Mercredi 19 avril :

Debout 6h30 ce matin, on doit venir me chercher à la Guesthouse à 7h20 pour rejoindre le mini-van prévu partir à 8h pour Banlung. Je sors donc devant la maison pour être prête à partir sans perdre de temps. 7h30, personne, 7h45 je commence à être inquiète et retourne à la Guesthouse demander au propriétaire s’il peut appeler l’agence auprès de laquelle j’ai réservé. Il est trop tôt, personne ne répond. Puis au bout de la 3ème tentative, il a enfin un interlocuteur. On lui répond que je ne dois pas m’inquiéter. Mais quand même… 8h00, 8h10… rien. On rappelle, toujours la même réponse. 8h20 ; je vois une petite moto arriver en trombe. Le chauffeur me demande si c’est bien moi qui vais à Banlung, j’acquiesce, il me dit de monter… J’ai mon gros sac sur le dos, le petit devant, et on case le reste à l’avant de la moto. Il parcourt environ 1 km avant de me déposer devant une autre guesthouse où d’autres voyageurs comme moi attendent, l’air passablement contrariés. Une femme assise devant une table de fortune dans la cour me demande mon ticket, et note mon nom sur sa liste. Je lui demande à quelle heure nous partirons. Elle marmonne « bientôt… », mais pour l’instant aucun mini-van à l’horizon. Enfin à 8h45, il arrive. Nous prenons place. Il n’y a là que des backpackers comme moi, dont 2 ou 3 allemands ou hollandais bien costauds. Les sièges sont très étroits, visiblement fait pour les morphologies asiatiques… Une chance je me retrouve tout au fond sur un siège sensé être double, mais parfait pour moi seule. Je me réjouis de savoir que je ne vais pas souffrir autant que d’autres qui sont vraiment très mal installés sur leur siège trop petit. Pas tellement de place pour les jambes non plus, mais bon, en me mettant en biais… Une fois tous les bagages casés sous les sièges (on a les pieds dessus en fait), le mini-van démarre. Nous prenons enfin la route.

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Au premier village, arrêt : d’autres passagers, cambodgiens ceux-là montent. Nous commençons à tous nous jeter des regards inquiets. Où vont-ils s’asseoir ? Ah, sur les strapontins qui nous avaient échappé bien sûr. Ouf, mon double siège ne semble pas avoir été remarqué et je reste quasiment la seule confortablement installée. Pas pour longtemps, nouvel arrêt : un homme et une famille avec 2 enfants montent. Or il n’y a plus que 2 places. Mais en se tassant, ça passe. Du coup, la dame qui était sur un strapontin devant moi passe derrière et je partage mon siège avec elle. Nous passerons les prochaines heures dans une grande proximité. De temps en temps elle s’endort, et sa tête repose sur mon épaule. Je ne m’en sors pas si mal quand je vois les pauvres gars qui doivent caser leur mètre 85 et leur carrure sur des sièges deux fois trop petits pour eux, ils semblent pliés en accordéon. Environ aux 2 tiers du parcours, nous nous arrêtons devant une sorte de restaurant. Nous descendons tous du bus pensant qu’il s’agit juste de la pause pour déjeuner. Le chauffeur ne nous dit rien. Or, nous constatons que les cambodgiens qui ont voyagé avec nous prennent leurs bagages. Je vais donc voir le chauffeur et lui demande ce qu’il en est. Dans un anglais très approximatif, il me dit que nous devons changer de mini-van. Il nous faut donc prendre nos sacs et attendre. D’autres voyageurs sont déjà attablés et semblent tuer le temps, exaspérés. En discutant les uns avec les autres nous comprenons alors que nous n’allions pas tous au même endroit dans le mini-van. Nous sommes au point de convergence de plusieurs destinations. Les mini-vans viennent déposer tous leurs passagers ici, qui sont ensuite dispatchés selon leur destination finale : certains vont aux 4000 iles au Laos, d’autres à Phnom penh, à Kratie, ou comme moi à Banlung. Un couple de français qui joue aux cartes dans un coin m’indique que ça fait déjà presque 2 heures qu’ils sont là… pas très encourageant tout ça.

Quand tous les mini-vans sont arrivés, les chauffeurs crient leur destination, et à chacun de monter dans le bon véhicule. Aucune vérification de billet à ce moment-là. Celui pour le Rattanakiri, nom de la Province où je vais, est vite annoncé. Cette fois, le mini-van est un peu plus spacieux, avec de vraies places individuelles un peu plus confortables. Je suis la seule occidentale au milieu des cambodgiens, et je retrouve ma voisine de siège qui va donc au même endroit que moi. Encore 2 ou 3 heures de trajet. La route a depuis longtemps cédé la place aux pistes de terres rouges que je connais bien maintenant. Les arbres des bas-côtés semblent d’ailleurs rouillés tellement la poussière se dépose partout et envahit toute la végétation. On croirait l’automne chez nous…

Aux environs de 17h nous arrivons à destination. Une grande rue principale très large, des stands de marché un peu partout, des échoppes, des scooters. C’est là que nous devons descendre. Mr Puthea, propriétaire de la guesthouse où j’ai réservé ma première nuit m’avait indiqué que je devais l’appeler en arrivant pour qu’il vienne me chercher. Je m’adresse donc à ma nouvelle copine, ma voisine de bus, et lui demande si elle peut téléphoner pour moi. Enfin, quand je dis que je lui demande, c’est une façon de parler : elle ne parle pas un mot d’anglais mais on arrive à se comprendre quand même. Elle compose le numéro et me passe son téléphone. Mon interlocuteur décroche et me demande où je suis. Mon plan (maps.me que je vous recommande tous, bien mieux que Google map) m’indique que je suis au Mini-van bus station, je lui dis donc. Il ne connait pas. Heureusement je lui indique les noms des rues les plus proches. Il me demande si je suis seule, ce que je confirme, et me dit qu’il arrive. Je remercie chaleureusement ma co-voyageuse d’un jour et lui propose de faire un selfie pour immortaliser notre rencontre. Elle en semble ravie.

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Quelques courtes minutes plus tard, un scooter arrive directement vers moi, il me dit « vous m’avez appelée, je vous emmène »… soit. Pour la 2ème fois de la journée me voilà donc passagère d’un 2 roues avec tout mon barda. Nous traversons une partie de la petite ville, en effet pas très jolie comme je l’avais lu, et arrivons rapidement à sa maison. Je descends du scooter mais ne prends pas le temps de bien assurer mon équilibre, en oubliant que j’ai un gros sac sur le dos. Résultat je suis emportée par son poids et me retrouve étalée sur le dos ! Tout ça s’est passé au ralenti, je ne me fais pas mal du tout, d’autant que le sac amortit largement ma chute, et je ris tellement que je n’arrive pas à me relever. Mr Puthea rit beaucoup aussi en s’excusant de n’avoir pas pu m’aider.

J’avais lu que Banlung était dans la montagne, il s’agit en fait plutôt de collines. La Guesthouse est une mignonne petite maison, à l’écart du centre-ville, sur un coteau. Il n’y que 3 chambres pour les hôtes, et la pièce unique où vivent Mr Puthea, sa femme et son fils de 5 ans. Une italienne, une allemande et 2 allemands séjournent aussi ici.

Je m’installe dans ma chambre : immense, avec un lit double et un simple. Une jolie petite table. Moustiquaires, ventilateurs, grande salle de bain, draps, draps de bain. Le tout pour 5$ la nuit. Qui dit mieux ?

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Notre hôte nous dit que si nous voulons il peut nous conduire pour dîner en ville ensemble en tuk-tuk gratuitement. Nous acceptons et faisons connaissance autour d’une assiette de poulet lok-lak dans une cantine où personne ne parle anglais. Mr Puthea est avec nous et fait donc l’interprète.

Je n’avais réservé qu’une nuit, mais d’ores et déjà je préviens que je vais sans doute rester jusqu’à lundi. L’endroit me plait même si la ville n’est pas intéressante. Ça me tente de m’y poser quelques jours.

Un commentaire sur « Jour 72 : Ah qu’est-ce-qu’on est serrés… »

  1. Bonjour Catherine,
    Je suis toujours ton périple…
    Bravo pour la carte. Ainsi on se rend bien compte de tout le trajet parcouru.
    Repose-toi bien dans ta super-chambre et bonne route pour de nouvelles péripéties.
    Je t’embrasse, Renée.

    Aimé par 1 personne

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