Coup d’œil dans le rétroviseur

Déjà 4 mois ! Me voilà quasiment à mi-parcours de mon aventure. Un petit bilan s’impose.

 J’avais prévu environ 8 mois de voyage, ce qui m’amenait à début octobre, quand, il y a 2 mois, j’ai été informée d’un événement familial qui requiert ma présence au Havre le 21 octobre. Au moins, maintenant la dead-line est fixée. J’avoue que sinon je crois que j’aurais peut-être prolongé. Dans un coin de ma tête je m’étais même dit, qu’au pire, je pouvais aussi décaler mon rendez-vous annuel à Becquerel, qu’on avait déjà reculé dans l’optique de mon départ en le programmant au 13 novembre. Ça m’aurait permis d’aller en Nouvelle-Zélande au milieu du printemps. Tant pis, j’y serai pour la fin de l’hiver et le tout début du printemps… Mais ça n’aurait pas été raisonnable, parce que, dans tous les cas, il faut bien rentrer à un moment ou un autre. Et quoi qu’il en soit, je serai heureuse de retrouver ceux que j’aimeMême si je ne sais toujours pas quelle sera ma vie à mon retour, ni où je souhaite habiter. Les questions auxquelles j’espérais trouver les réponses sur la route, restent avec leurs points d’interrogation. La seule chose que je sais, c’est que je veux organiser ma vie de manière à pouvoir repartir. Surement pas aussi longtemps, mais pour des périodes de 3 mois, ça me plairait bien.

Le bilan de cette première moitié est plus que positif. Pas de vrai coup de blues, excepté au tout début à Koh Chang en Thaïlande, mais ça n’a pas duré. Et un petit coup de mou la semaine dernière, juste après le départ de Christine, jour de l’anniversaire de ma Poulette. Elle est sans doute celle qui me manque le plus… Mais ça n’a duré que quelques heures. Juste un coup de blues, comme on peut en avoir aussi quand on est chez soi, entouré des siens. Rien de bien méchant en somme. Ça prend peut-être juste d’autres proportions quand s’en mêle la conscience d’être physiquement seule au bout du monde.

Un des constats dont je suis la première surprise, c’est à quel point les choses me paraissent simples, faciles, et naturelles. Quand, avant de partir, on me disait que j’étais courageuse, je répondais qu’il n’était pas question de courage ici. Du courage, il en faut pour affronter des situations qu’on ne choisit pas. Ou pour lutter contre un ennemi, quel qu’il soit. Pour fournir un effort particulier. En l’occurrence, ce voyage est mon choix, mon envie profonde, et ne me demande aucun effort. Et pour faire quelque chose qu’on a tellement voulu, pas besoin de courage. Et n’étant définitivement pas de nature anxieuse, angoissée, je prends les choses comme elles viennent, simplement, sans me mettre la pression.

Cependant je m’étais préparée psychologiquement à surement affronter des situations stressantes, des problèmes matériels, de santé, de sommeil, de communication, de transport… Et rien de tout ça. Petit coup d’oeil en arrière :

  • Pas l’ombre du moindre petit pépin de santé (même pas un vilain coup de soleil, pas de problèmes gastriques et autre tourista, pas de coup de chaleur – ou si, un soir, 10mn, le temps de me sentir fébrile et nauséeuse, et d’aller prendre une douche fraîche qui a remis les choses en ordre).
  • Mes seules inquiétudes matérielles se résument à m’assurer de ne rien oublier quand je quitte un endroit (une paire de tongs, une veste légère, un petit bracelet au titre des pertes et profits…). Mon sac reste organisé. Tout est en petites pochettes. Rien de me manque (j’en ai même pris un peu trop et Christine est repartie avec plusieurs choses dont je ne me sers pas). Je lave mon linge à la main plus ou moins quotidiennement, au moment de ma douche. Et une fois ou deux par mois environ, je confie le tout à un service de laundry pour un bon passage en machine…
  • Je dors comme un bébé alors que je change de lit tous les 4 ou 5 jours au maximum, en ne mettant bouchons d’oreilles et masque qu’au tout petit matin, parce que les asiatiques et le soleil se lèvent bien trop tôt pour moi.
  • Je communique même quand on ne me comprend pas. Sans hésiter à lancer un appel à la cantonade pour trouver quelqu’un qui parle anglais quand j’ai vraiment besoin d’un interprète. Je n’ai même pas encore utilisé une seule fois le petit guide offert par mon amie Gersande, qui répertorie par des dessins toutes les situations, objets et lieux de la vie quotidienne, ou qui sont utiles en voyage. Les gestes ça marche toujours et jusqu’alors aucun problème majeur lié à une incompréhension réciproque. Et c’est drôle parce que le fait de parler anglais me rassure beaucoup, alors que je me suis retrouvée dans plein d’endroits où personne ne parle anglais ni français et on s’en sort toujours. (même si cet après-midi, je n’ai même pas réussi à faire comprendre comment je m’appelle aux voisins que suis allée aider à décharger et stocker les gerbes de riz fraîchement moissonné. J’ai dû demander ce soir à l’hôte chez qui je loge de leur expliquer que je voulais juste leur dire mon prénom).
  • Aucune galère d’hébergement non plus. Je décide toujours au mieux 2 ou 3 jours à l’avance quelle sera ma prochaine destination, et je cherche alors un logement sur internet. Chambre privée dans une Guesthouse simple, homestay, ou lit en petit dortoir féminin (en évitant les grosses structures pour backpackers). Me fiant toujours aux commentaires pour éviter les mauvaises surprises. Je réserve uniquement la première nuit et décide sur place combien de temps j’y reste.
  • Je voyage sans guide papier. J’avais acheté la version numérique de certains chapitres du Lonely Planet, et je ne m’en suis quasiment jamais servi. Je parcours les blogs, les forums, les groupes Facebook consacrés au voyage. Je prends conseils auprès des locaux et des voyageurs rencontrés, et mon itinéraire se construit au fur et à mesure, selon mon instinct et mes envies du moment. Par exemple, il y a une semaine encore je ne savais même pas que Mai Chau, où je suis depuis 2 jours existait. J’ai décidé seulement lundi d’y venir suite à une discussion sur un forum. Je ne me suis pas énormément documentée sur les pays que j’envisageais de faire avant mon départ. Je les découvre au fur et à mesure. Par contre j’avais bien préparé en amont tout ce qui concerne les visas par exemple, ou les précautions particulières à prendre.
  • Je m’adapte plutôt bien aux changements de devises. Je suis passée des roupies aux baths, puis aux dollars et aux riels, et maintenant aux dongs. Le plus compliqué jusqu’alors ayant été le Cambodge où on paye en dollars mais on nous rend la monnaie en riels. Les riels étant utilisés dans les zones touristiques en guise de cents. Ici, au Vietnam, j’ai assez vite intégré que 24000 dongs valent environ un euro. Et je m’habitue à manier les grands chiffres. Payer un million de dongs : même pas peur !
  • Je n’ai aucune hésitation à marchander. A manifester mon désaccord quand on m’annonce un tarif trop élevé. A fixer le prix qui me semble juste. Hier j’ai négocié mes 5 nuits, petit-déjeuner et dîner compris, dans un homestay (chez nous on dirait une chambre d’hôte) pour un forfait d’un million de dongs (42€).
  • J’organise bien mes transports. En bus, en mini-van, en tuk-tuk, en moto, en scooter, en avion… (pas encore pris le train). Arrivant toujours à destination avant la nuit. Je n’ai encore pas eu à marcher longtemps avec mon sac sur le dos. Je sais toujours où je dois aller, et je ne me suis faite avoir que par un taxi à Dalat, qui m’a fait faire le tour de la ville pour rien. Je lui ai bien fait comprendre que je n’étais pas dupe, et, de lui-même, il a réduit le prix en conséquence.
  • Je mange à ma faim, je me fais plaisir, me régale très souvent. Me découvre pas aussi difficile que je le craignais (je n’aime pas manger trop épicé, n’aime pas le sucré-salé, pas les oignons crus ni les carottes). Je pensais que ça serait un des points les plus délicats pour moi et finalement pas du tout. Je goûte à tout, même aux aliments les plus improbables – fourmis rouges et criquets quand même ! Qui l’eût cru ? Je n’ai même pas ressenti le besoin de demander à Christine de me ramener quoi que ce soit de France. Bon, je ne dis pas que je ne salive pas en pensant à une belle assiette de fromage avec une bonne baguette, mais ça ne manque pas au quotidien.
  • Question budget, je suis dans les clous. Je déborde un peu depuis que je suis au Vietnam, parce que je me suis déplacée en avion d’abord. Et que je fais pas mal de visites ou tours aussi, ce pays est tellement riche. Et puis, pendant les 12 jours avec Christine, même si elle a pris beaucoup de choses en charge, j’ai quand même dépensé bien  plus que d’habitude. J’ai aussi acheté plus de choses. Mais en lissant sur les 4 mois passés, ça va encore.  Le plus difficile sera à la fin du voyage. J’ai été gourmande en envisageant Australie ET Nouvelle-Zélande.

Bref, vous l’aurez compris, je gère grave !  Et je suis plutôt fière de moi !

8 commentaires sur « Coup d’œil dans le rétroviseur »

  1. Bonjour Catherine ,
    Arlette m a appris hier que tu étais partie quand nous avons parlé de notre prochain voyage . Je suis donc allée voir ta page fb puis ton blog…
    Je suis hyper impressionnée par ton périple et de lire qu à,la fin ,tu seras partie depuis 8 mois !!!
    Bravo, tu as osé faire ce dont beaucoup rêvent ( dont moi) , partir plus de 3 semaines en se disant que l on est pas indispensable au Havre !!!
    Vraiment,tu m impressionnes … quelle belle expérience !!
    Bonne fin de séjour
    Corinne C

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    1. Merci Corinne,
      Après 2 jours au fin fonds de la Nouvelle-Zélande sans réseau, ni wifi, je prends connaissance de ton commentaire qui me touche.
      Je suis vraiment heureuse et fière d’avoir réalisé ce dont je n’osais même pas rêver tellement ça ne me semblait pas possible.
      Pour ce qui est d’être indispensable, on dit que les cimetières en sont pleins… 😉
      Bon voyage à toi et à bientôt
      Porte toi bien
      Des bises…

      PS : je me suis fait faire un tatouage en Thaïlande : sur le sein gauche (évidemment !) un arbre de vie avec la phrase : You only live once…
      Ne jamais l’oublier

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