Jour 158 à 162 : Tout plein de copains !

J’ai un plaisir tout particulier à vous raconter mon séjour à Nong Khiaw, et à m’y replonger, parce que ça restera comme un des meilleurs moments de ce voyage (quoi que si j’y réfléchis bien, il y a beaucoup de « meilleurs moments » et c’est ce qui est fabuleux, rarement de déception, mais au contraire, souvent des découvertes et rencontres enthousiasmantes).

Il n’y a pourtant pas grand-chose à y faire – le village est minuscule, les villages autour sont encore plus petits – si ce n’est se repaître des paysages magnifiques, et se laisser aller à l’indolence de la vie laotienne…
Mais j’y ai vécu de très bons moments et fait de jolies rencontres. Je crois d’ailleurs que ce qui l’emporte souvent pour moi, c’est d’abord les gens, même si ce ne sont que des rencontres éphémères. Le cadre est important mais peut finalement passer au second plan si je me sens bien avec les gens. Et quand on peut avoir les bonnes personnes ET le cadre parfait : c’est le rêve !

(c’est sûrement pour ça aussi que je ne peux pas envisager vivre ailleurs qu’au Havre, mon entourage prime sur le reste…)

Lundi 10 juillet :

C’est sous une pluie battante incessante que je quitte Luang Prabang. L’attente du mini-van me permet d’observer avec amusement tous les conducteurs de scooters qui roulent avec leur parapluie ouvert. Autant au Cambodge ou Vietnam, ils privilégient la cape de pluie transparente bien couvrante (les passagers ou les enfants sont toujours cachés sous la cape du conducteur), autant ici, ils utilisent tous leurs parapluies.

IMG_8351Petite frayeur au départ quand le mini-van qui nous ramasse à nos hôtels insiste pour que nous nous entassions à 4 ou 5 par banquette prévue pour 3 ! Heureusement ce n’est que le temps d’arriver à la gare routière à quelques kilomètres du centre. Là, après avoir échangé au guichet le billet remis par l’agence auprès de laquelle j’ai réservé le transport, contre un ticket en bonne et due forme, on m’attribue un mini-Van. Il pleut toujours autant et je m’inquiète un peu en voyant que c’est sur le toit du van que nos sacs voyageront. Heureusement une bâche en bon état est soigneusement installée.

 

Il ne devrait pas y avoir de mauvaise surprise à l’arrivée.

Nous partons à l’heure dite pour 3 heures de trajet jusqu’au village de Nong Khiaw. Cette étape m’a été chaudement recommandée par tous ceux qui y sont allés. J’ai donc hâte de voir à quoi ça ressemble. Inutile d’espérer dormir un peu dans le van : ce n’est que de la route de montagne, qui plus est,  en mauvais état. Le conducteur slalome entre les trous qu’il ne réussit pas toujours à éviter, et nous devons nous cramponner à nos sièges. Il pleut toujours, il n’y a qu’un seul essuie-glace en état de marche, celui du côté passager consistant en un petit morceau d’éponge fixé sur un squelette d’essuie-glace ; ça ou rien…

Nous arrivons à destination sans encombre et, comme toujours, c’est à la gare routière un peu hors de la ville que nous sommes déposés. Le traditionnel tuk-tuk collectif nous y attend pour nous emmener jusqu’à nos guesthouses dans le centre-ville… enfin, dans le centre-village plutôt !  Une rue principale bordée d’échoppes, un pont pour traverser la rivière Nam Ou.

 

De l’autre côté du pont, de part et d’autre, quelques guesthouses, la plupart avec vue sur la rivière et la montagne. Ça a l’air joli mais la météo ne permet pas de réellement apprécier le décor à sa juste valeur.

Cette fois ce sont les 3 nuits que je pense passer ici que j’ai réservées sur internet, car j’ai vu des prix un peu plus élevés qu’ailleurs, et très peu de disponibilités. Je suis donc surprise en arrivant de voir qu’il y a très peu de touristes. Je suis accueillie avec le sourire par une femme et son fils. Il parle bien anglais et me conduit jusqu’à ma chambre au premier étage. Toutes les chambres donnent sur un balcon face à la rivière. J’ai de la chance d’avoir une de celles du bout, et j’ai donc pleine vue sur la montagne, la rivière et le village. C’est très beau.

IMG_8360Un balcon devant ma porte, avec petits fauteuils confortables et une table.  La chambre est spacieuse et propre avec une grande salle de bain.

Par contre niveau météo, ça ne s’arrange pas : non seulement il pleut, mais en plus il y a du vent. Sur le balcon, je vois mes voisines de chambres emmitouflées dans leur couverture, l’air accablé… c’est un peu inquiétant. Pour la première fois depuis des mois, je sors en effet mon sweat.

Bref, ce n’est pas le pôle nord non plus, il doit faire 23 ou 24° mais on s’habitue bien à ne jamais descendre en dessous de 30.

Je m’installe, et, un menu étant à ma disposition sur la petite table, je descends commander à manger. On me dit alors que le repas me sera apporté sur mon balcon ; la classe ! Je me régale d’aubergines cuites avec l’ail et des herbes, en une sorte de purée, accompagnées du traditionnel sticky rice, incontournable au Laos.

Une petite sieste et glandouille internet à l’intérieur parce que, décidément, le vent est plutôt désagréable alors que la pluie redouble d’intensité… Ah les joies de la mousson !

Par chance, en fin d’après-midi, il arrête de pleuvoir, et je peux traverser le pont pour aller voir le village de plus près. Je fais quelques courses succintes ; le choix est limité, et les commerces ne sont pas du tout orientés pour les touristes ici.

 

Je trouve quand même du jus d’ananas, des citrons verts et des œufs pour mon petit-déjeuner de demain, ainsi que des mangues et bananes à l’unique vendeuse de fruits sur le bord de la route. Je rentre dîner à ma guesthouse pour ce premier soir.

Mardi 11 juillet :

Après une nuit où, pour la première fois depuis très longtemps, j’ai eu besoin de la petite couverture au petit matin, fraîcheur (toute relative) oblige, je suis heureuse de constater que le temps est sec aujourd’hui, avec le soleil revenu. Il fait vite de nouveau très chaud. Je peux enfin mesurer la beauté du paysage qui s’offre à ma vue depuis ma chambre. On peut difficilement rêver mieux au réveil.

IMG_8370Je pars à pied dans l’idée de monter jusqu’au point de vue, dont le sentier d’accès démarre à quelques centaines de mètres de ma guesthouse. Comme souvent au Laos, il faut payer un droit d’accès de 20000 kips, qui servent à entretenir le lieu. Je vais donc à la « guérite ». 3 ou 4 hommes assez âgés sont là mais me disent dans un anglais incertain que c’est très glissant et dangereux de monter. J’insiste un peu, pour savoir si je peux au moins démarrer, quitte à faire demi-tour. Ils sont assez catégoriques en me disant que non, c’est trop risqué. Déçue, mais finalement plutôt rassurée de voir que leur conseil m’a surement évité une galère, je décide donc de continuer sur la route principale qui part dans la campagne, en longeant une rivière au pied de la montagne. Le décor est toujours aussi beau. Il fait chaud mais c’est supportable, je suis maintenant largement habituée à la chaleur moite qui fait que mes vêtements, aussi légers soient-ils sont trempés en permanence. Et il y a beaucoup de passages ombragés. A 3 ou 4 km de là, j’ai vu sur le plan qu’il y a des grottes, je m’y rends donc. Un petit panneau indique la direction quand je dois quitter la route. Et quelques dizaines de mètres plus loin, au bord de la rivière, sous un abri, une femme avec son bébé encaisse les 10000 kips du droit d’entrée et me donne un ticket en m’indiquant le chemin à suivre. Un petit pont de bambou permet de traverser la rivière, et je me retrouve face à des rizières au pied de la montagne.

 

Je ne sais pas vraiment où me diriger. Heureusement, il y a un « restaurant » déserté, avec quelques abris pour y déjeuner, et, dans l’un deux, je vois des enfants. Je me dirige vers eux et ils me disent en anglais qu’ils vont m’accompagner à la grotte. Je leur demande s’ils sont des guides et s’il faut payer. Ils répondent que je peux donner ce que je veux. Le plus hardi des 3 qui répond le premier à mes questions et a été le plus rapide à venir vers moi quand il m’a vue arriver, doit avoir une petite dizaine d’années, un autre semble plus jeune et le 3ème doit avoir 12 ou 13 ans mais reste en retrait. Me voilà donc escortée par ces 3 gamins qui me montrent comment traverser les rizières. Le terrain est extrêmement boueux. Les rizières sont évidemment toujours dans l’eau mais les mini-talus qui délimitent les parcelles sont plus ou moins secs. Et comme il a énormément plu ces derniers jours, évidemment, ça se sent sous les pieds. Le moindre pas de travers fait écrouler la bordure.

IMG_0423La terre est lourde, collante sous les semelles et j’ai vite l’impression de progresser sur une patinoire marron. Le jeune garçon me tend la main quand il faut enjamber en sautant un ruisseau un peu trop large à mon goût. Je ris en lui disant que si je tombe il n’aura jamais la force de me retenir, mais il me dit que si, qu’il est très fort tout en me montrant ses biceps. Je ne suis pas fière en sautant pour atterrir sur mes 2 pieds dans le bourbier, la souplesse et l’équilibre n’étant pas mon fort.. Nous arrivons ensuite au pied d’un escalier taillé dans le roc, qui mène à la grotte.

 

Là encore c’est glissant mais il y a une rambarde. Arrivés dans la grotte, mes accompagnateurs avancent, sûrs d’eux. Aucun aménagement à l’intérieur et il y fait nuit. Heureusement mon petit guide sort une lampe et me prends la main pour m’aider à grimper sur la roche afin d’accéder à une autre « salle » où une brèche laisse entrer un peu de lumière du jour. La visite est rapide et nous redescendons. Avec mon protecteur qui veille toujours attentivement sur moi. Une fois les difficultés passées, il se retourne et me demande en tendant la main : « pay money ! ». Comme se débrouille plutôt bien en anglais, je lui explique que faire une phrase complète en ajoutant « please » serait plus agréable et plus poli. Il me dit « money please » avec un grand sourire. Je lui donne donc 30000 Kips, mais il n’est pas content en me disant que je dois donner plus parce qu’ils sont 3. Je lui réponds qu’il a été le seul à me parler, à me guider, et que c’est à lui de faire ce qu’il veut avec ce que je lui donne. Pour mémoire ici, avec 30000 kips, on peut payer un plat principal ! Je le remercie de son aide et même s’il boude un peu sur le coup, il me dit au-revoir avec un grand sourire en rangeant les billets dans sa poche.

En quittant le site, je croise une famille qui parle français, eux aussi viennent de traverser des rizières mais ont eu la mauvaise surprise d’avoir des sangsues. Nous échangeons un moment. Ils vivent à La Réunion. Ils me demandent si je connais un endroit où il est possible de se baigner, ils sont en manque de baignade. Je ne peux pas les aider, mais je leur dis que s’ils vont à Luang Prabang ils seront comblés de ce côté-là en allant aux cascades. Ils me répondent qu’ils y étaient 2 jours plus tôt mais qu’il était impossible de s’y baigner tellement c’était boueux. Nous nous montrons alors nos photos respectives prises là-bas, et, effectivement, aucune comparaison avec ce que j’ai vu quelques jours avant eux… Les enfants sont particulièrement déçus.

Je continue ensuite ma route vers le village suivant.

IMG_0444Des petites filles sont en train de cueillir des fleurs sur le bord de la route. Elles courent vers moi en m’en offrent. Je les remercie et leur fais comprendre que j’aimerais les photographier. Elles refusent. Tant pis. Elles vont me chercher d’autres fleurs et me prennent la main pour m’accompagner vers le village. Je me souviens alors qu’il me semble avoir des bonbons que j’avais pris dans un hôtel à Hanoï dans mon sac. Effectivement, j’en trouve une poignée et fais la distribution. D’autres enfants arrivent, je distribue tout ce que j’ai. Du coup, une des petites me fait comprendre que je peux prendre une photo en montrant mon appareil. Je ne me fais pas prier…

IMG_0445Je reprends ma route en observant ce village.

 

Les maisons sont vraiment rudimentaires, en bois. Une vieille femme en soutien-gorge est en train de se laver à un robinet extérieur, au milieu du village.

Je poursuis encore un kilomètre ou deux où c’est la vie dans les rizières qui s’offre à ma vue avant de faire demi-tour.

Je suis ravie de ma balade et j’adore cet environnement.

 

A la nuit tombée, je vais voir les restaurants et guesthouses alentour pour décider où je vais dîner. Alors que je suis en train d’étudier un menu, je suis surprise d’entendre qu’on m’interpelle : C’est Maxime, le gars que j’avais rencontré à Mai Chau au Vietnam. Il loge dans cette guesthouse et termine son repas. Je m’installe avec lui et nous nous racontons ces dernières semaines devant une bière et un pad thaï, servi par la première laotienne très désagréable que je croise… Maxime est arrivé au Laos un peu avant moi, mais a fait un itinéraire différent du mien. C’est la première fois que je retrouve quelqu’un que j’ai déjà rencontré…

Mercredi 12 juillet :

Au réveil, je vais de l’autre côté du pont, jusqu’au marché que j’ai vu sur le plan pour me racheter des fruits pour mon petit-déjeuner. Sur le pont je croise Maxime qui du coup m’accompagne. En fait de marché, il y a bien un emplacement pour, avec des guérites en bois, sur un terrain gadouilleux, mais seulement un ou deux malheureux stands pour quelques oignons ou des herbes. J’en repars donc bredouille. J’arrive quand même à trouver des mangues dans une des épiceries.

Maxime me propose une petite marche dans les environs. Nous convenons donc de nous retrouver une fois que j’aurais pris mon petit-déjeuner. Mais je traîne sur ma terrasse en sirotant mon thé, passe un peu de temps à communiquer sur messenger, prends le temps d’une longue douche. Du coup ma motivation pour aller marcher s’est envolée, je préviens donc Maxime de ne pas m’attendre. Finalement lui aussi a changé d’avis et nous convenons finalement de nous retrouver pour aller en fin de journée jusqu’au point de vue afin de voir le coucher du soleil de là-haut. Il fait sec depuis avant-hier soir, le chemin devrait donc être praticable.

Sauf qu’entre-temps, après une magnifique matinée et début-d’après-midi, la pluie battante est de retour. Je reste donc sur mon balcon à bouquiner.

Nous avons prévu d’aller tester le restaurant indien entre nos 2 guesthouses. J’espère me régaler en commandant un biryani au poulet et un naan au fromage. Déception… Le biryani est en fait une espèce de riz à la tomate et au oignons, avec 2 ou 3 malheureux bouts de poulet, et je n’y retrouve aucune saveur des épices habituelles de la cuisine indienne. Quant au naan, il n’en a que le nom… Les plats de Maxime ne sont pas plus satisfaisants.

Quelle idée aussi d’aller manger indien au Laos ! Mais on avait eu de bons commentaires et le cuisinier est pourtant indien…

Du coup, pour faire passer la déception, nous décidons de traverser la rue pour aller boire un verre au Qbar. Nous sommes accueillis par le jeune patron très sympathique, qui nous annonce qu’exceptionnellement ça sera happy hours pour les cocktails toute la soirée. Il nous offre d’abord un shooter de Lao whisky de bienvenue. Puis nous nous laissons tenter par des mojitos…

Je retrouve la famille réunionnaise croisée hier. Nous discutons un peu ensemble.

Jeudi 13 juillet :

Maxime a décidé d’aller enfin tenter l’ascension jusqu’au point de vue en partant tôt ce matin. N’étant pas du matin, j’ai décliné sa proposition de l’accompagner.

Et j’ai bien fait car, alors que je prends mon petit-déjeuner sur mon balcon, Mit, le fils des propriétaires de la guesthouse, monte me voir et me demande si je pêche. Il m’a vu l’observer dans sa barque le premier soir de mon arrivée.

IMG_0416Je lui réponds que non, je ne suis pas pêcheuse. Il me demande alors si je veux l’accompagner pour poser ses filets sur la rivière. Enthousiaste mais prudente, je lui dis que j’aimerais mais je souhaite savoir si c’est payant. Il me répond que non, c’est juste pour le plaisir, pour l’aider. J’accepte donc et il me dit qu’il m’appellera quand il sera prêt.

Quand Maxime rentre de son ascension, il m’envoie un message pour me raconter. J’ai vraiment très bien fait de ne pas y aller. Il me confirme que c’est extrêmement glissant et difficile. Il est tombé plusieurs fois et m’envoie les photos de ses mains et ses pieds pleins de boue. Très peu pour moi. Ceci dit la vue d’en haut est vraiment à couper le souffle et il ne regrette pas ses efforts.

Vers 15h, Mit vient me chercher. Je le suis sur le chemin qui mène à sa barque, au pied de la guesthouse, auquel on accède par une petite barrière en contrebas du jardin. Il me confie une pagaie, et je suis ses recommandations pour déplacer la barque au rythme qui convient afin qu’il place ses filets.

 

Nous discutons. J’apprends qu’il a 24 ans, qu’il est marié et bientôt papa ! Sa jeune femme travaille aussi à la guesthouse avec ses parents, et est enceinte de 8 mois. Il me fait vraiment l’effet d’un gamin. Il est adorable et aime faire le clown. Il me pose beaucoup de question sur la vie en France. On sent qu’il est vraiment heureux de son mode de vie. Il me le dit. Au cours de la discussion, il me demande si j’aime nager. Je réponds évidemment que oui. Il me propose alors d’aller en barque jusqu’à l’endroit où on peut se baigner. Ça me plairait beaucoup mais je ne suis pas équipée pour la baignade. Pas de problème, il me ramène à la rive et m’attend pendant que je vais enfiler mon maillot.  Nous allons alors juste un peu plus loin sur le bras de rivière qui part de la Nam Ou et borde la guesthouse. Je saute dans l’eau, elle est délicieuse et étonnamment claire alors que vu d’en haut sa couleur brune n’est pas engageante. A ma demande, Mit m’indique comment accéder à cet endroit de la rivière par la rive. Chouette, un endroit où je vais pouvoir venir me baigner à volonté.  Nous nageons un moment avant de retourner sur la barque pour relever les filets. Quelques maigres prises. Je lui demande si le poisson pêché est au menu de la guesthouse. Il me dit que non mais que si je le souhaite je peux manger notre pêche avec eux ce soir… Arfff, j’ai convenu avec Maxime d’aller tester le barbecue Lao du Qbar. Je décline donc l’invitation mais lui dis que ça sera avec plaisir une autre fois.

En fin de journée, je retrouve Maxime comme convenu pour tester le barbecue lao. Il ressemble beaucoup au barbecue Khmer, si ce n’est que le khmer était sur un appareil à gaz, alors que là c’est sur un feu de bois, sur lequel est posé l’appareil : on grille la viande au milieu, et tout autour le bouillon permet de cuire les légumes et nouilles de riz. C’est délicieux.

IMG_8413A côté de nous un groupe de 6 ou 7 personnes s’est installé. De fil en aiguille, nous discutons avec eux et finissons par nous joindre à eux. Il y a là un anglais, une américaine, des israéliens.. et des je ne sais plus quoi. Bref, c’est une joyeuse soirée où tout le monde discute avec tout le monde, de tout, de rien, de nos pays respectifs, de nos langues (le français a toujours la cote). Une excellente soirée. L’américaine (j’ai complètement oublié son prénom… mémoire de poule ! Maxime, si tu me lis, tu t’en souviens toi ? Elle fait pourtant tout pour qu’on ne l’oublie pas cette fille !), que nous avions déjà croisée la veille, très extravertie et bavarde, propose que nous nous retrouvions pour prendre le petit-déjeuner ensemble demain matin. Rendez-vous est pris. Nous restons jusqu’à la fermeture du bar, qui, pour Nong Khiaw ferme exceptionnellement tard : 23 h !

Je me rends compte que finalement de temps en temps, ça fait quand même du bien de rencontrer des occidentaux et de passer des soirées comme ça. Alors qu’au début de mon voyage j’évitais et fuyais les endroits fréquentés par les voyageurs, là je dois avouer que j’apprécie…

Vendredi 14 juillet 

Comme convenu, à 10 heures Maxime et moi nous retrouvons pour le petit-déjeuner. Nous sommes les seuls. Finalement l’américaine arrive un peu plus tard, et les israéliens encore plus tard mais ne peuvent se joindre à nous car le restaurant ne sert plus de petit-déjeuner à cette heure tardive.

Maxime a prévu de prendre le bateau pour rejoindre le petit village de Muang Ngoi, accessible uniquement par la rivière. C’est ma prochaine étape aussi et j’attends donc ses impressions impatiemment. Pour ma part j’ai évidemment décidé de prolonger mon séjour à Nong Khiaw. Je m’y sens vraiment bien. Ma guesthouse est agréable. Les parents et la femme de Mit sont aussi adorables que lui, même s’ils parlent moins bien anglais et que la communication est plus limitée. Et les gens que je croise ici sont tous très sympathiques. Il y a peu de touristes et ça crée vraiment une ambiance à part.

L’américaine et moi l’accompagnons à l’embarcadère pour voir le départ. Et le spectacle vaut le coup d’œil : des femmes sont en train de charger des barques de boissons et de vivres. Je les regarde transporter des dizaines de bouteilles d’eau sur leur dos, pliée en deux sous la charge, des sacs de riz aussi, juste à l’aide d’une corde. Impressionnant !

 

Je suis sûre que je ne décollerai même pas du sol la charge qu’elles portent dans l’escalier qui descend au ponton de fortune. Et dire que je trouve parfois mon sac-à-dos lourd !

Une fois de plus, soudainement une pluie violente s’abat. Je reste à l’abri dans le restaurant près de l’embarcadère en continuant d’observer la scène.

J’attends l’accalmie pour retourner chez moi.

En fin de journée, alors que je sors de ma douche, j’entends Mit demander à mes voisins si je suis là, quelques secondes plus tard, il frappe à ma porte. Il m’invite à descendre venir boire un verre avec d’autres guests et des amis à lui. Je suis touchée par cette invitation et lui dis que je finis de me préparer et j’arrive.

Je rejoins un petit groupe de 2 laotiens, amis de Mit, 2 filles d’Aruba (île hollandaise des caraïbes dont j’ignorais totalement l’existence), un couple de suédois, et un français, un breton de Saint-Brieuc pour être précise : Jonathan dont vous allez encore entendre parler. Evidemment ce sont tous des jeunes… Je suis largement la doyenne comme toujours. On nous sert des shooters de lao lao, l’alcool de riz d’ici, qu’il faut boire cul-sec, comme partout en Asie. Je joue le jeu une fois mais je préviens que ça sera l’unique fois. Je veux bien boire de l’alcool, ça ne me dérange pas, mais à ma façon. Et personne n’a jamais réussi à me faire boire contre mon gré. Et il est hors de question que je sois soûle, a fortiori à l’autre bout du monde où je voyage seule. Je l’explique à Mit qui insiste en prétendant, comme ils le font toujours, que c’est bon pour la santé, que c’est du médicament. Bien sûr ! Bref je résiste tant bien que mal tout en passant vraiment une très bonne soirée. Même si, évidemment l’alcool aide à la bonne humeur générale. Un peu plus tard nous rejoignent un anglais et un irlandais du nord, de Belfast. Très sympa (je ne suis pas objective quand il s’agit d’irlandais). Je discute beaucoup avec lui. J’ai oublié de préciser que pour accompagner nos verres nous grignotons quand même les poissons pêchés par Mit aujourd’hui. J’ai arrêté le lao-lao et préfère passer à la bière. Je maîtrise mieux… Quant à Mit qui m’expliquais que je ne pouvais pas être soûle avec du Lao-lao, j’avais bien vu qu’il commençait à s’éteindre dans son coin, et, au bout d’un moment, il est parti s’allonger. Nous ne l’avons pas revu.

Huan, l’ami de Mit que j’avais déjà croisé au Qbar, propose de passer commande au restaurant d’à-côté si nous voulons manger un vrai repas. On nous livre très vite. J’ai choisi une spécialité lao de poisson mariné dans du lait de coco et cuisiné avec des légumes. Accompagné de sticky rice c’est fameux.

L’heure avance, les laotiens et Jonathan proposent que nous allions au karaoké. Ils partent donc en éclaireur pour s’assurer que c’est ouvert. Ils ont bien fait, c’est fermé et c’est donc au Qbar que nous atterrissons. Il y a d’autres jeunes clients. Je prends une bière avec tout le monde et laisse rapidement ces jeunes entre eux.

Comme vous le constatez, j’ai beaucoup à raconter sur mon étape à Nong Khiaw qui a été riche d’événements, alors je vais faire une pause et je reviendrai pour la suite plus tard.

Mais d’abord, un peu de teasing :

Fidèles lecteurs, sachez que demain va se produire un événement auquel je ne croyais plus : je vais rencontrer des vieux ! Oui, vous avez bien lu messieurs-mesdames : des quinquas ! Comme moi ! Qui voyagent avec leur sac sur le dos ! Et des sympas en plus !

(Patricia et Hervé qui me lisez sûrement, ne m’en veuillez pas, vous savez ce que vous avez représenté pour moi)

Promis, je reviens très vite vous raconter cette belle rencontre et nos aventures communes !

 

2 commentaires sur « Jour 158 à 162 : Tout plein de copains ! »

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