Jour 166 à 167 : Des villages qui se méritent

Mardi 18 juillet :

Avec mes nouveaux compagnons de route pour quelques jours, Patricia et Hervé, nous avons prévu de prendre le bateau de 11h30 pour le petit village de Muong Ngoi. J’avais un peu hésité avant de prendre la décision d’y aller parce que des voyageurs qui y sont allés pour une journée m’avaient dit qu’il n’y avait aucune route et que tout était boueux. Qu’on pataugeait littéralement dans la boue dès qu’on mettait un pied dehors. J’ai donc demandé son avis à Maxime quand il y était et sa réponse fut affirmative : peu importe la boue : il faut y aller !

Je rends donc ma chambre mais confie en garde un sac avec des affaires dont je n’aurais pas besoin à Mit et sa famille.

L’embarcadère est à quelques centaines de mètres, juste de l’autre côté du pont. Nous y sommes en quelques minutes et ma première surprise est de rencontrer plusieurs autres touristes de notre âge. Ils se planquent donc tous ici !

Nous prenons nos tickets pour le trajet qui doit durer une heure ½. Il fait un temps superbe et ça devrait donc être très agréable. Nous sommes une bonne trentaine à embarquer dont la moitié de locaux. Il y a deux bateaux. Tous les locaux embarquent dans l’un, avec leur barda habituel : colis en tout genre, sacs de riz, effets personnels : la plupart viennent ici surtout pour s’approvisionner. Dans l’autre bateau, les touristes et leurs sacs à dos. Stratégiquement, Hervé nous propose de nous installer juste derrière le pilote.

 

Nous y sommes moins serrés qu’à l’arrière où l’espace est vraiment restreint et tout le monde entassé. Plutôt satisfaits de nous finalement !

Nous sommes assis sur l’étroit banc en bois qui longe le côté du bateau, les jambes repliées. La position n’est pas très confortable mais une fois tout le monde installé, nous arrivons quand même à nous positionner de façon à au moins étendre les jambes. On sent notre bateau lourd et très chargé. La Nam Ou est traitre, le courant y est très fort et on sent qu’il faut bien la connaître pour naviguer en évitant les pierres qui affleurent à la surface ainsi que les remous.

Au bout de quelques  minutes, le premier bateau s’arrête sur la rive pour faire descendre quelques villageois. Le nôtre s’arrime à ses côtés, et le pilote demande alors à ce que 4 passagers du nôtre changent de bateau. Nous sommes désignés… Et voilà comment on passe d’une installation plutôt pas mal, avec suffisamment d’espace, sans parler de confort pour autant, à une micro place où je case tout juste mon fessier, les genoux sous le menton. Les pieds posés sur les sacs entassés dans le fond du bateau. On nous observe : nous sommes les seuls touristes… Ah tu voulais du local… eh ben n’en v’là !

IMG_8477Finalement cette situation nous fait plus rire qu’autre chose, et nous savons que ce trajet restera dans nos mémoires.

Le paysage que nous traversons est superbe.

 

Aucune trace de vie humaine si ce n’est les rizières que nous apercevons sur les coteaux. De temps en temps, nous accostons pour déposer un ou deux passagers, ou pour en embarquer. On se demande d’ailleurs d’où ils arrivent quand on les voit descendre sur la rive. Tout juste distingue-t-on quelques toits de paille derrière la végétation luxuriante, qui indiquent l’existence probable d’un village. Une fois, ce sont deux vieilles femmes qui s’approchent, chacune avec un bébé en écharpe, et lourdement chargées. Elles descendent le talus escarpé et boueux qui va jusqu’à la berge ; on se demande vraiment comment elles vont pouvoir monter à bord. Le bateau s’approche au maximum, et nous admirons leur sens de l’équilibre et leur souplesse lorsqu’il s’agit de s’aider des autres barques vides arrimées là pour arriver jusqu’à la nôtre. Impressionnés nous sommes !

Au bout d’une bonne heure et demie, nous apercevons des maisons, et les bateaux qui indiquent la présence d’un village plus important. Plus nous approchons, plus nous sommes perplexes : nous ne voyons que des bungalows, visiblement destinés aux touristes. De plus près, ce sont des terrasses de restaurants qui se succèdent, et des constructions touristiques ; c’est ça Muong Ngoi ? ça ne correspond pas du tout à l’image qu’on en avait. Et on se demande surtout pourquoi tant d’hébergements quand on voit que nous ne sommes qu’une petite quinzaine à débarquer ici, sachant qu’autant en sont repartis ce matin. Même le débarcadère est mieux aménagé que celui de Nong Khiaw. Pour ma part je suis un peu déçue… Vu de la rivière, ça manque vraiment d’authenticité même si toutes les constructions sont en bois, en bambou, en palmiers à l’instar des maisons locales…

Dire que nous sommes contents de pouvoir enfin nous déplier est un euphémisme. Il me faut même un petit moment avant de retrouver des sensations autre que des fourmillements dans mes jambes engourdies. Mon dos est lui aussi en loque. Nous récupérons nos sacs à dos, débarqués de l’autre bateau, et montons vers le village.

Une jeune laotienne vient vers nous et nous propose d’aller dans un bungalow de sa guesthouse. Je demande le prix : 40000 kips pour moi, 50000 pour un couple. Ça semble plus que correct surtout qu’elle nous précise que les chambres ont chacune leur salle de bain, et sont face à la rivière. Nous décidons de la suivre (après avoir fait un petit crochet vers une autre guesthouse recommandée par les guides papier ; on nous y fait même visiter une des chambres : magnifique ! le prix l’est moins : 30$ la nuit ! quand on connait les prix ici c’est énorme.)

20170718_125559-1Nous parcourons donc quelques dizaines de mètres à travers le village, où nous constatons très vite que la vue que nous en avons eue depuis la rivière ne reflète absolument pas la réalité. Il s’agit bien d’un minuscule village, très simple. En fait c’est juste que tous les hébergements ont été construits face à la rivière, ce qui semble logique. Mais du coup la vue de cette succession de bungalows n’est pas encourageante quand on arrive… Il reste néanmoins que l’offre parait démesurée par rapport à la demande touristique. C’est sans doute plus fréquenté à la saison sèche, mais du coup ça doit vite avoir des allures de Disneyland…

En route, je demande aussi s’ il y a du wifi (toxico, je sais…), elle me répond oui.

Après avoir  emprunté un petit chemin, et traversé des cours de maison, nous arrivons à notre bungalow avec 2 chambres mitoyennes. Intérieur sommaire mais avec moustiquaire, ventilateur, salle de bain avec douche et wc. Devant les chambres, une terrasse avec des hamacs, vue sur la rivière. Très bien.

20170721_153829Là, la jeune fille me dit l’air ennuyé : « pour le wifi en fait, il n’y en a pas dans les chambres, mais si vous allez au restaurant juste là, il y en a… enfin, pas celui-là, l’autre derrière… » C’est plutôt drôle finalement, et pas gênant du tout pour les 2 nuits que je vais passer ici. Et puis, il n’y a que 4 ans que l’électricité est arrivée ici, alors attendons encore un peu pour y trouver le wifi partout…

Nous déposons nos affaires et repartons voir le village, et trouver un endroit pour déjeuner.

Une route principale le traverse.

IMG_8490Route ou plutôt bourbier en effet. Pas de bitume ici mais juste de la terre, de la boue ; il faut vraiment regarder où on met les pieds. De chaque côté, des maisons en bois quelques échoppes, des « restaurants » (enfin, des endroits où on peut manger…).

Devant l’un d’entre eux une jeune femme est en train de faire frire des lamelles de bananes coupées dans le sens de la longueur. Intrigués, nous la regardons. Elle nous en donne pour y goûter. C’est délicieux. Du coup, voyant qu’il y a une table et un menu affiché, nous nous installons et passons commande. C’est bien d’être 3, on peut choisir 1 plat différent chacun et partager pour goûter à tout. Rassasiés, nous achetons un sachet de chips de bananes et un bel ananas frais pour plus tard.

Après un bref passage dans nos chambres, nous décidons de ne pas trop tarder afin d’aller jusqu’au point de vue que nous avons vu indiqué plus loin.
Dans le village, nous discutons un instant avec des françaises qui nous disent avoir voulu y aller mais ne pas en avoir trouvé le chemin, interrompu brutalement par une rivière…
Nous suivons les panneaux qui indiquent la direction à suivre, et, effectivement, après avoir traversé le village, le chemin de terre est brutalement interrompu par une rivière. Nous décidons de tenter de la traverser à gué et Hervé se propose en éclaireur. Ça semble bien se passer. Je prends donc la précaution d’emballer téléphone, passeport et appareil-photo dans un sachet plastique étanche dans mon sac-à-dos ; en cas de déséquilibre, ils seront au moins protégés. Nous nous déchaussons donc et traversons sans soucis malgré un courant assez fort. Nous avons de l’eau jusqu’aux genoux. Essuyage des pieds, enfilage de chaussures de l’autre côté, et nous retrouvons notre sentier. (J’apprécie d’autant plus d’avoir des compagnons de route que je ne suis pas sure que, seule, j’aurais pris le risque d’aller de l’autre côté… Je mise toujours sur la prudence pour éviter de me retrouver dans des galères.)
Arrivés à la traditionnelle guérite qui marque l’accès au sentier qui mène au point de vue en question, nous trouvons un vieil homme à qui nous sommes censés payer notre droit de passage. Avec quelques mots d’anglais, et à grands renfort de gestes, il nous fait comprendre que le chemin est très dangereux à cause de la pluie tombée ces derniers jours et nous dit qu’il va encore pleuvoir sous peu. Pour preuve le vent qui vient de se lever et les gros nuages noirs qui s’amoncellent sur nos têtes. Déçus mais raisonnables nous rebroussons donc chemin.

Nous décidons cependant de poursuivre celui qui s’éloigne du village en longeant la Nam Ou.

Sur notre route, un véritable petit lagon avec une eau turquoise invite à la baignade.

IMG_0544J’ai la flemme de me déshabiller mais Hervé ne résiste pas et s’y baigne. Apparemment, l’eau est plutôt fraîche. Il faut dire qu’elle arrive directement de la montagne par une grotte souterraine, le courant est d’ailleurs très fort.

La balade est agréable. Les nuages ont l’air de passer sans apporter de pluie. Le chemin n’est pas très praticable mais nous y croisons quand même quelques rares scooters et un ou deux tracteurs, et quelques villageois.

 

 

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Après 1 bonne heure 1/2 de marche, nous avons la bonne surprise d’arriver en vue d’un village.

IMG_0562On nous observe timidement de loin. Nous nous hasardons entre les maisons rudimentaires en bois, allons voir de plus près les poulaillers, les remises.

 

 

Le forgeron est à l’oeuvre et rit beaucoup quand je veux le photographier.

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Un peu plus haut sur la gauche, des enfants jouent au football dans la cour de ce qui semble être l’école du village. Nous nous en approchons et au fond de la cour, sous un abri, de grandes pirogues décorées attirent notre regard.

IMG_0584Arrive alors un homme, qui, dans un bon anglais nous dit bonjour, entame la conversation avec nous et répond à nos questions. Ces pirogues servent pour la course annuelle entre les villages qui se tient début avril chaque année. 20 rameurs dans la première, et 30 dans l’autre toute neuve qui a été construite pour la course de cette année. Je note la date : le 10 avril, ça peut être intéressant de revenir à cette occasion.

Il nous explique aussi que le chemin que nous avons suivi est la nouvelle route qui a été « construite » il y a 2 ans seulement… Elle est censée permettre de rejoindre Nong Khiaw à Muang Ngoi en voiture, mais elle est déjà tellement abîmée qu’elle est évidemment impraticable.

Nous lui demandons également quelles sont les cultures que nous avons vu à flanc de collines sur notre chemin. Nous avons cru reconnaître du riz mais sommes étonnés qu’il ne soit pas dans l’eau, mais sur terrain sec. Il nous réponds que c’est effectivement une variété particulière de riz, celle qui sert à préparer le sticky rice.

 Je m’étonne que cet homme parle si bien anglais dans ce village isolé. En fait il nous explique que c’est son village d’origine mais qu’il vit à Luang Prabang. Il est venu ici pour quelques jours seulement pour une fête familiale. Nous avons de la chance d’être tombés sur lui.
Pendant ce temps les enfants ont stoppé leur match et nous observent. Je leur demande si je peux les photographier : ils sont ravis de prendre la pose.

IMG_0583Après ce moment de découverte d’un village vraiment préservé du tourisme puisqu’on ne peut y accéder qu’en bateau privé, et qu’il n’y a pas d’hébergement, nous rebroussons chemin.

Arrivés à la rivière, nous ne résistons pas à l’envie d’une vraie baignade. Nous n’avons pas de maillots sur nous, qu’importe : mon short et mon soutien-gorge font parfaitement l’affaire. Il n’y a pas beaucoup de fond mais suffisamment pour se laisser flotter et se rafraîchir.

IMG_0604Puis nous reprenons notre route. Le temps d’arriver à Muang Gnoi, nous sommes pratiquement déjà secs. Nous arrivons en vue d’un restaurant dont l’affiche extérieur sonne comme un appel : happy hours jusqu’à 19h. Un coup d’œil sur l’heure : ouf, il est moins 5 ! Pas le temps de repasser par nos chambres, nous nous installons directement.

Nos envies de mojitos sont déçues puisque la patronne nous dit qu’elle n’a pas de menthe. Excellente commerçante elle nous recommande un autre cocktail, le caïpirinha . Nous suivons ses conseils. On nous en apporte directement 2 par personne. Délicieux et généreusement dosés en rhum, on en sent vite les effets conjugués à la fatigue de la marche. Nous décidons de dîner sur place et, là encore, la restauratrice sait nous orienter et nous conseille une spécialité laotienne de légumes et viande cuits dans une sauce au lait de coco, le tout bien relevé d’épices, mais pas trop piquant. Une belle découverte.

Elle est mariée à un suédois qui vient discuter un moment avec nous ; il a 27 ans, est arrivé au Laos il y a 7 ans, l’a rencontrée, et n’en est jamais reparti. Ils sont mariés et ont deux jeunes enfants. Nous lui faisons part de notre projet de randonner sur la journée demain, jusqu’à des villages que nous avons repérés sur la carte. Il nous conseille sur l’itinéraire à suivre et nous donne des points de repère. Parfait ! Reste à espérer que la météo soit aussi clémente qu’aujourd’hui (parce que finalement, l’orage du petit pépère n’est jamais arrivé…)

C’est vraiment emballés par cette journée, terminée en beauté avec cette soirée gaie et détendue, un peu égayés par nos cocktails suivis de bière, que nous regagnons notre bungalow.

Mercredi 19 juillet :

La nuit a été plutôt hachée, il faut dire que j’ai eu l’impression de dormir dans une basse-cour : celle-ci est juste en contrebas de ma chambre, et comme les murs ne sont qu’en feuilles de palmiers, l’isolation phonique laisse à désirer. Et surtout, le coq a commencé à chanter à 2h30 ! Un peu déphasé l’animal !

Bref, entre le coq, les bateaux des pêcheurs sur la rivière dès 4h30, c’est une fois que j’ai mis mes bouchons d’oreilles à 5h que j’ai bien dormi…  Du coup, ça pique un peu quand il faut me lever à 7h30 puisque nous avons prévu de partir vers 9h.

Déception : il pleut depuis le petit matin… et sérieusement !

Bon et bien, prenons notre temps pour aller prendre le petit-déjeuner… Nous retournons où nous avons dîné hier. Et en plus il y a du wifi.

L’état du chemin a empiré avec la pluie, ce sont les canards qui sont heureux ! Des planchettes de bois disposées sur les côtés permettent au mieux de marcher presque au sec, et au moins d’accéder aux maisons et aux boutiques.

Le temps de nous régaler avec la baguette maison faite ici, les nuages partent et c’est le retour du soleil.  Il ne nous reste qu’à aller nous chausser et nous mettre en route.

A la sortie du village, la décharge fait le bonheur des cochons et des poules avec leurs couvées.

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Nous suivons les indications qu’on nous a données et ne sommes pas déçus : tout le long les paysages sont vraiment sublimes.

 

Nous longeons des rizières, des rivières, empruntons des petits ponts de bambou, devons parfois nous déchausser pour traverser à gué. (cette fois, j’ai prévu mes petits chaussons de baignade, et j’apprécie de ne pas avoir à marcher sur les cailloux ou de m’enfoncer dans la boue au bord de l’eau).

IMG_0625Lors d’une traversée de rivière, alors que nous sommes sur le point de nous rechausser, Hervé propose une pause baignade (nous avons aussi prévu nos maillots aujourd’hui). Grand bonheur ! L’eau claire est délicieusement fraîche, il y a même assez de fond un peu plus loin pour nager.

20170719_105144-1Nous reprenons notre chemin, parfois périlleux quand il faut traverser des étendues de boue bien profonde… La boue colle à nos chaussures qui pèsent lourd. Le tout est d’essayer de ne pas s’enfoncer jusqu’aux chevilles.

Régulièrement sur le chemin, nous devons franchir les barrières qui empêchent les animaux de passer.

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Un peu plus tard, nous faisons une petite pause pour déguster l’ananas acheté la veille que nous avons pensé à emporter.

Nous passons le long de rizières.

IMG_0620Le chemin est sinueux et vallonné, c’est vraiment un décor de rêve. Même la couleur de cette boue ocre ajoute à la beauté des lieux en tranchant avec le vert alentour.

IMG_0650Nous croisons aussi la route de quelques bestioles, dont de gros scolopendres noirs dont on nous a recommandé de nous méfier car ils sont dangereux.

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Des vaches et de paisibles buffles d’eau. Des papillons, plus magnifiques les uns que les autres.

IMG_0636C’est aux environs de midi que nous arrivons en vue d’un village, encore plus « rustique » que celui de la veille.

 

Nous décidons d’aller à l’unique «restaurant » pour y prendre un rafraîchissement, enfin, un coca chaud ! Pas de frigo, et pas de glace non plus ici. Le vieil homme qui tient l’endroit a l’air heureux de notre présence et va chercher une bouteille de lao lao. Devant son insistance nous acceptons un petit verre chacun mais devons batailler pour refuser les autres.

Nous reprenons la route vers l’autre village où nous avons décidé de déjeuner. Nous y arrivons une petite heure plus tard. Après en avoir fait le tour, nous allons là encore à l’unique restaurant avec une magnifique terrasse face aux rizières.

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IMG_0674Nous déjeunons d’un riz frit aux légumes et à la viande. Le patron parle quelques mots d’anglais. Cette fois la bière que nous commandons est fraîche, et ça fait du bien (je plains Patricia qui n’aime pas la bière et est privée de ce petit bonheur…). Nous prenons vraiment notre temps avant de repartir pour voir ce village de plus près.

IMG_0676En son centre, des femmes sont en train de tisser sur 2 métiers qui semblent être collectifs. Nous nous arrêtons évidemment pour les observer travailler.

IMG_0681Leurs réalisations sont suspendues à côté. Nous en demandons le prix. Elles semblent surprises et n’ont pas la réponse immédiatement. Quand nous apprenons combien elles vendent les petits sacs qui nous plaisent, nous n’hésitons pas et en prenons un chacune.

IMG_0684Nous regretterons d’ailleurs amèrement plus tard de ne pas leur avoir acheté plus de choses…

Après avoir déambulé dans ce village, nous prenons la route du retour. Le monsieur du restaurant nous a dit qu’on pouvait passer à travers les rizières plutôt que de suivre le sentier par lequel nous sommes arrivés. Ce que nous faisons. Il commence à pluvioter légèrement, mais rien de méchant, pourvu que ça dure. L’inconvénient des rizières, c’est que ce n’est pas balisé et que Maps.me, mon application « plans » fétiche ne les connait pas. On doit donc se fier à notre instinct… en l’occurrence à l’instinct d’Hervé, que nous laissons nous guider. Je suis moyennement à l’aise par moment ; les « chemins » de terre que nous suivons (je ne sais pas comment appeler ces mini-talus très étroits, qui délimitent les parcelles de rizières qui, elles, sont dans l’eau…) ne sont que bouillasse collante et glissante. En plus, de temps en temps, il faut enjamber un gros ruisseau, sans se louper à la réception. Et tout ça forme un sacré labyrinthe. Au bout d’un moment, Patricia émet quand même quelques doutes quant à la direction que nous suivons. Hervé semble sûr de lui, mais nous sommes quand même bien contents de croiser un villageois pour lui demander confirmation de la direction de Nong Khiaw… on est sur la bonne voie, mais heureusement que Patricia a réagi parce qu’on serait partis trop loin dans la mauvaise direction. Quant à moi, si j’avais été seule, je serais sûrement encore au milieu des rizières à l’heure qu’il est…  Je m’en remets totalement à mes coéquipiers.

Enfin, nous trouvons la « sortie ». Reste à trouver le moyen de rejoindre le chemin. Ce n’est pas une mince affaire non plus, et nous devons crapahuter pour remonter des rochers dans l’eau. Un peu scabreux cette affaire… Heureusement nous nous en sortons sans bobos, si ce n’est de belles égratignures le long de la jambe pour Patricia qui a glissé le long d’un rocher et a bien failli se faire très mal en tombant.

Nous retrouvons enfin un chemin digne de ce nom, avec ses super-bourbiers à traverser, ses rivières.. mais c’est la routine maintenant. Et nous rejoignons tranquillement notre base…

Nous sommes ravis d’avoir le temps d’une bonne douche avant d’aller prendre l’apéro dîner. Nous repassons la soirée à notre adresse fétiche (de toute façon il n’y a pas des tonnes de choix à Muang Ngoi, et puis l’appel du Caïpirinha est plus fort que tout…)

La fatigue est là après cette bonne journée. Nous ne veillons pas tard et allons très vite retrouver morphée…

Demain c’est retour à Nong Khiaw par le bateau qui part à 9h30

Ce séjour à Muang Ngoi a été excellent, exactement comme j’aime, et restera surement un des fabuleux souvenirs de mon périple. Je remercie infiniment Patricia et Hervé d’avoir croisé ma route, et de m’avoir permis de partager ces journées avec eux. Ensemble, nous avons ri (beaucoup), parlé (énormément), mangé (raisonnablement), bu (avec modération), marché (d’un bon pas), nagé (enfin, barboté…), crapahuté (ah ça !), glissé (ziouppp…), navigué (plié en 4), admiré (whaouh), et même escaladé (si si, les barrières destinées à empêcher les animaux de passer)

Seule, ce genre d’expédition n’aurait vraiment pas eu la même saveur, et je n’aurais sans doute pas fait la même chose.

4 commentaires sur « Jour 166 à 167 : Des villages qui se méritent »

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