Jour 18 à 20 : Sawat die kha Bangkok !

Lundi 27 février :

Atterrissage à Bangkok à 4h – heure locale, après 3 heures de vol (+ 1h1/2 par rapport à l’Inde), l’avion a eu 1/2h de retard au décollage. J’ai peu dormi car j’ai été à chaque fois réveillée en sursaut soit par des annonces avec le volume au maximum, soit l’allumage de toutes les lumières. À ma surprise on m’a aussi réveillée pour me proposer des sandwiches et de l’eau. AirAsia étant une compagnie low-cost, je n’y croyais pas.

Bref, sortie de l’avion et là, sensation d’oppression tellement l’air est chaud et humide, l’impression d’être dans une étuve. Il va falloir m’y faire…

Passage à l’immigration qui m’accorde les 30 jours de visa touristique, récupération de mon sac à dos. 2 priorités : trouver un distributeur automatique (ATM) pour sortir des baths (100 Baths =  +/- 2,70€) et acheter une carte SIM puisqu’il est convenu avec la Guesthouse que je devrais les appeler pour pouvoir avoir ma chambre dès mon arrivée au petit matin. (La carte sim « spéciale touriste »  me coutera 299 baths pour la 4G illimitée pendant 7 jours, et 100 baths de communications tél/sms)

Dès que c’est fait, je me mets en quête d’un taxi-meter, comme me l’a recommandé la Guesthouse (éviter les taxis qui proposent leur aide à la porte de l’aéroport et prendre les taxi-meter qui facturent au compteur). Je n’ai pas à chercher longtemps ni attendre, il y en a un juste devant moi. Je lui montre le nom et l’adresse de ma destination. Il a l’air sceptique mais me dit ok. Il parle un peu anglais et nous échangeons quelques mots. Un peu de mal à comprendre son accent (Bangkok devenant un bangrhorh Assez guttural). Très rapidement il me demande si je peux chercher sur Rhorholmap. Je comprends qu’il veut que j’utilise Google map car il ne connaît pas l’adresse même si il me rassure en me disant qu’il voit à peu près où c’est. J’apprendrais plus tard que beaucoup des chauffeurs de taxi de Bangkok sont des agriculteurs qui louent leur taxi à des des sociétés spécialisées le temps de la saison haute (nous en sommes à la fin) et connaissent donc mal la ville. Le truc est de plutôt se tourner vers les vieilles voitures : les chauffeurs en sont propriétaires et donc taxis a plein temps. Ma connexion est mauvaise, je n’arrive pas à avoir le plan.

Au bout d’un moment, le chauffeur s’arrête et demande sa route à un passant. Conciliabule dont je ne saisis évidemment rien, et au moment de repartir, la voiture broute : impossible de redémarrer, panne sèche ! Le chauffeur en rit, s’excuse et me dit que je suis presque arrivée et peux continuer à pied, me montrant des lumières un peu plus loin en me disant que c’est là.

Il est 3h du matin pour moi (5h à Bangkok), j’ai décollé à 23h la veille, j’ai faim, je suis trempée de sueur, lourdement chargée, je ne connais pas Bangkok du tout, et il veut me planter là. Je lui rappelle tout ça et lui dis que je ne peux pas descendre. Il comprend ma détresse et mon inquiétude, sourit toujours, me dit ok, descend de sa voiture, sort un bidon du coffre, et remet un peu de carburant. Nous redémarrons, pour effectivement nous arrêter à l’endroit qu’il m’avait indiqué, 50m plus loin, devant le Shanti Lodge ! Il se confond en excuses. Ouf ! J’ai eu un instant de stress intense m’imaginant déjà attendre le lever du jour perdue dans Bangkok avec mon sac-à-dos.

Je passe le coup de fil prévu, j’entends le téléphone sonner à l’intérieur derrière une grille. Une femme juste vêtue d’une serviette de bain me demande depuis l’intérieur si c’est bien moi qui appelle. Elle me dit de faire le tour et fait mon check-in. Elle me dit que j’ai réservé un lit en dortoir mais qu’elle ne peut pas réveiller tout le monde, que je dois donc attendre le matin dans la salle de réception. Pas d’accord ! Je suis certaine d’avoir réservé une chambre privée avec salle de bain partagée. Malgré ses dénégations, j’insiste et elle finit par me donner la clé d’une chambre, me prévenant que ça me coûtera 400baths la nuit. Ben oui, je sais, c’est ce que j’avais réservé. La chambre est simple et propre avec un ventilateur, le lit double est confortable. Les cloisons sont en bambou tressés, j’ai donc le plaisir d’entendre le concert de ronflement de mes voisins. Je vérifie mes mails et ma réservation et redescends quand même voir la femme pour la lui montrer. Elle me dit que c’est bon, pas de soucis. (À mon avis, elle a tenté de garder cette chambre double et de me fourguer un lit en dortoir comme je suis seule)

Je me couche et dors quelques heures réparatrices. Vers 10h un petit échange par messenger avec Adrien me fait bien plaisir. Je me rendors un peu. Puis je descends prendre un bon petit déjeuner dans le restaurant du Shanti Lodge. Lieu très agréable plein de verdure, de pierres, de coquillages, très cosy. Une douche plus tard (super salle de bain aussi) je suis prête à aller explorer un peu le quartier. Je m’achète à manger en route dans la rue. Il n’y a que ça, partout, des stands ambulants. Parfois avec une ou deux tables. Au petit bonheur la chance, je montre ce qui m’inspire « ça, ça, et ça ! » Je ne sais pas vraiment ce que c’est : sortes de brochettes, boulettes variées. Ça croustille, c’est gras, parfois bon… ou pas, ça coûte une misère ; à peine un euro.

Le marché de Thewet est à 2 pas. Je vais y flâner. Profusion de fruits et légumes mais aussi de poissons, qui, c’est une première, sont vivants ! dans des bassines d’eau ou dans des grands bacs type éviers avec juste un fond d’eau. Ça frétille à tout va !

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Je rentre en passant par le marché aux fleurs et plantes vertes qui longe la rivière. Superbe !

Ce soir, repas thaï au Shanti, par facilité, parce que je suis encore bien fatiguée. La cuisine indienne était top, la thaïlandaise n’a rien à lui envier.

Mardi 28 février :

Après une excellente nuit où je n’ai même pas été gênée par les bruits environnants (le quartier est très calme), je décide d’aller dans le vieux Bangkok visiter le Palais Royal, et son Temple du bouddha d’Emeraude (Wat Phra Kaew), celui du Bouddha couché (Wat Pho), entre autres. Du Shanti Lodge, le plus simple est d’aller prendre un des taxi-Boats qui naviguent sur la Chao Phraya, le fleuve qui traverse Bangkok à 2 pas. Je demande à une femme guide qui accompagne 2 touristes anglo-saxons si je peux acheter mon ticket à bord. Elle me dit oui et m’indique le quai sur lequel je dois attendre. Un bateau arrive, elle me dit que je dois le prendre. Ça m’étonne car je pensais devoir aller dans l’autre sens, mais bon, dans le doute, je monte à bord quand même Le bateau ne s’arrête qu’un instant, comme un bus. Juste le temps pour les usagers de monter ou descendre. Quand je prends mon ticket en indiquant à la préposée mon arrêt, elle me dit que je suis dans le mauvais sens et que je dois descendre au prochain arrêt pour repartir à l’opposé. La guide qui m’avait renseigné me dit alors qu’elle avait cru que je voulais aller au même endroit qu’eux. Bizarre !

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Enfin, tout ça ne me fait perdre que quelques minutes et pour quelques baths, je mets à peine 20mn à arriver à destination. Je me dirige vers le centre historique.

En route je me laisse tentée par l’achat d’un petit ananas bien frais, tout épluché en spirale. J’ai dans l’idée d’en prendre un, en fait ils sont vendus par 5 en petits sachets avec de la glace pilée, et des petits pics en bois sont fournis avec pour les manger à la manière d’une sucette. Délicieux ! J’en aurais pour la journée…

Puis je me retrouve prise dans une véritable marée humaine d’hommes et femmes habillés tout en noir. Ils déboulent de tous les côtés en flots continus.

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À la première occasion je demande s’il y a une occasion particulière. On me répond que non, c’est tous les jours comme ça depuis la mort du Roi, en octobre. Un an de deuil national. D’ailleurs, partout dans les rues, d’immenses portraits du Roi défunt et des autels sont dressés, la plupart des enceintes extérieures sont aussi drapées de tissus noir et gris, sur des centaines de mètres, dans toute la ville.

Des hordes de touristes japonais (ou chinois) sont là aussi avec leurs ombrelles et leurs Kways (? – peut-être pour faire sauna en même temps ?)

Avant d’accéder à la vieille cité, contrôle strict par la police avec obligation d’ôter chapeaux et lunettes de soleil, présentation du passeport, regard vers les caméras, fouille des sacs et au corps. J’en subirai d’autres du même type en me promenant dans Bangkok ; aux abords des bâtiments officiels, les rues sont filtrées. La présence policière est d’ailleurs impressionnante partout. Ils sont plutôt organisés et efficaces quand on voit la masse de touristes. Notre vigipirate et état d’urgence ne sont jamais allés jusqu’à là encore…

On  m’avait prévenue : pour entrer dans les temples, épaules et jambes couvertes obligatoires. Je pensais bien faire en mettant un leggings et une tunique (et non pas un top à petites bretelles). Raté ! La tenue conforme ici, pour les femmes, c’est manches (même courtes) et jupe longue (un paréo fait l’affaire mais je ne l’ai pas pris). En échange d’une ridicule caution, je dois donc emprunter une tenue réglementaire. Une chemise bleue et une sorte de jupe en coton noir épais.

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Après ce relooking express (pas sure que Cristina cautionnerait), je pars découvrir les merveilles avec un audio-guide en français. Je ne sais pas où donner de la tête, c’est superbe !

Je poursuis en enchaînant les temples et les Bouddhas tous plus fabuleux et impressionnants les uns que les autres.

Après examen du plan, je décide de poursuivre vers Khao San Road, rue célèbre de Bangkok, carrefour pour tous les backpackers, grouillante de touristes de toutes nationalités, et rendue célèbre par le film de Dany Boyle « La Plage ». Je m’y arrête  pour manger un plat thaï composé de riz aux légumes croquants enveloppé dans une omelette. Je suis bien chaussée, je me sens bien, je décide de rentrer à pied tranquillement  et m’imprègne de l’atmosphère de cette capitale qui m’impressionne beaucoup moins que ce que j’imaginais.

J’arrive fourbue au Shanti Lodge, et j’apprécie un bon jus de fruits frais dans l’espace salon.

Mercredi 1er mars :

Ce matin je traîne, me lève tard, écris un peu – j’ai du retard à rattraper – puis me décide à sortir. Je veux aller visiter la maison de Jim Thomson. J’entreprends d’y aller en bus. Il n’existe pas réellement de plan du réseau de bus. C’est donc Google map qui m’indique le trajet et le numéro du bus à prendre. Mais tous les noms d’arrêts sont écrits uniquement en Thaï, et, même avec beaucoup de concentration, je n’arrive pas à jouer au jeu des 7 erreurs pour savoir si c’est le même mot ou pas. Je montre donc sur mon téléphone le nom de l’arrêt ou je veux descendre au contrôleur et lui demande de m’indiquer quand je serai arrivée. En fait en comptant les arrêts, je réussis à me débrouiller seule. La petite marche pour arriver jusqu’à la maison-musée le long d’un canal est très agréable.

Une visite en français est comprise dans le ticket d’entrée et nous avons la chance de n’être qu’un petit groupe de 6 français pour la visite. À la fin je traîne encore dans le jardin luxuriant, magnifique.

J’assiste à une démonstration de danse Thaïlandaise, toute en finesse et délicatesse. Plus loin, un jeune garçon file de la soie. C’est la première fois que je vois à quoi ressemblent des cocons de vers à soie. Une jeune fille en fait des écheveaux (est-ce qu’on parle d’écheveaux pour la soie aussi ?)

La prise du bus pour le retour est plus épique que l’aller puisque je vais d’abord me balader un peu, et que je ne trouve pas l’arrêt indiqué par Google map. Et personne ne sait m’aider. Tant pis, je marche un peu plus et finit par monter dans un bus qui m’amène où je voulais.

Encore une bonne journée de marche : 10 km hier, 8 aujourd’hui, pour la peine, après la douche, c’est devant une bière que je me récompense. Et, folie, je commande un cheeseburger maison pour l’accompagner ; très étrange sensation au bout de 3 semaines de saveurs tellement différentes. Mais ça me semble bon !

4 commentaires sur « Jour 18 à 20 : Sawat die kha Bangkok ! »

  1. Je tente à nouveau de te répondre, les précédents apparemment ne te sont pas parvenus. Merci pour ce carnet de voyage. Je ne connais pas l Inde mais en revanche j ai visité le palais à Bangkok et ton commentaire me rappelle de bons souvenirs. Biz

    Aimé par 1 personne

  2. Mes vacances s’achèvent et grâce à toi j’ai pu voyager jusqu’en Inde. J’avais bien apprécié les magnifiques photos que Thomas avaient prises. Mais là tu as été au top avec tes récits riches et sensibles. Maintenant je vais savourer tes aventures thaï…😘

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