Jour 21 : Des tours et des détours…

Jeudi 2 mars :

Ce matin je dois aller à la poste pour envoyer au Havre quelques vêtements achetés en Inde, que j’avais gardés avec moi alors que je me rends compte qu’ils sont trop « chauds » et lourds, inadaptés aux prochaines semaines où je peux me permettre un peu plus de liberté vestimentaire qu’en Inde, sans choquer. A moi les robes légères et débardeurs ! Mais je tiens à mes tenues indiennes et ne veux donc pas les abandonner n’importe où.

C’est un stagiaire qui s’occupe de moi à la poste et je fais l’attraction, tous les employés sont autour de lui et rient en le voyant essayer de se dépatouiller avec mon passeport. Même sa responsable me dit que c’est la première fois qu’elle a une cliente française.

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Sur le chemin du retour, je me perds volontairement dans les ruelles alentour pour ne pas prendre la grande avenue. Bien m’en prend. Au détour d’une venelle, je me retrouve à l’entrée d’un grand temple où il y a des festivités. À mi-chemin entre la kermesse paroissiale, une célébration religieuse et une vente de charité. Partout des grandes tentes décorées, des bouddhas, des autels, des bouddhas, des moines bouddhistes en méditation, encore des bouddhas…

De la musique, des prières (? Je ne parle pas thaï) dans les hauts-parleurs. Des boîtes pour des offrandes. Sur la façade d’un des bâtiments un gigantesque bouddha doré. Il est habillé de jaune et j’assiste au hissage d’une de ses écharpes par un système de poulies. C’est un cérémonial. Il semble que ce soit des dons de fidèles qui ensuite reçoivent une bénédiction des moines qui président cette opération. Je ne comprends pas vraiment tout ce qui se passe mais je n’en perds pas une miette.

J’entre dans le temple. Heureusement, cette fois, j’ai dans mon sac une écharpe pour couvrir mes épaules, et mon sarouel est conforme (pas de commentaire Doris ! je t’entends ricaner). Je peux entrer dans le temple ou quelques fidèles sont en méditation sous la surveillance d’un moine bouddhiste qui psalmodie dans un micro.

Je passe un bon moment là-bas. Je fais même un geste de bonne chance en écrivant au marqueur sur une petite cloche que j’accroche à un « arbre à cloche » (?) puis je fais tinter la grosse cloche pour que mon vœu se réalise. On est sensé écrire son nom et faire un vœu. J’ai inscrit plusieurs noms sur la mienne, vous croyez que ça va marcher quand même ?

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Juste à la sortie, une fête foraine avec ses stands de loteries et leurs peluches géantes, des pêches aux canards version poissons rouges vivants, quelques manèges.

Une effervescence partout. J’essaie de me faire expliquer ce qui se passe, on cherche quelqu’un qui parle anglais – plus ou moins – on me dit juste que c’est une fête… j’avais bien remarqué mais je n’en saurais pas plus. Je compte maintenant sur Kanda pour plus d’explications. (Qui m’a dit qu’en Asie c’est impressionnant comme tout le monde parle anglais ? Je ne dois pas aller aux bons endroits. Même à ma Guesthouse, il n’y a qu’une ou deux employées qui le comprennent et le parlent un peu. Tout juste annonce-t-on succinctement les prix en anglais)

La matinée a passé très vite et je dois revoir mon projet qui était de sortir de Bangkok pour aller passer la journée à Ko Kret. Je décide donc d’aller découvrir Chinatown. Je m’y rends en taxi-boat puisque c’est au bord du fleuve. C’est vraiment le plus rapide, le plus pratique et le plus économique des moyens de transport (Bangkok serait la 2ème ville la plus embouteillée au monde après Mexico !)

J’arrive alors dans un dédale de petites rues très étroites bordées d’échoppes remplies à ras bord de marchandises ; ici des jouets en plastiques, à n’en plus finir, puis des bijoux (de pacotille), des vêtements, des ustensiles en plastique, on pourrait aussi se croire chez Gifi ou dans une Foirfouille géante avec, à perte de vue, des tonnes de marchandises. Ça ressemble même plus à des grossistes qu’à des vendeurs de détail. Plus loin ce sont les chaussures, puis l’épicerie sèche avec d’énormes sacs d’épices ou de biscuits soufflés ou galettes sèches, les fruits, joliment présentés.

Les grandes artères principales d’où partent ces ruelles sont saturées d’enseignes chinoises.

Il y a un monde fou, beaucoup de touristes russes notamment. Et partout des stands de nourriture à emporter, où je choisis, un peu au hasard comme toujours, ce que je vais goûter aujourd’hui. Je pourrais me laisser tenter par les insectes : blattes, vers, criquets, larves et même scorpions, tous grillés, pourraient presque sembler appétissants. Mais sur ce coup-là je ne suis pas téméraire. Peut-être qu’accompagnée j’aurais testé, prise dans un jeu de défi. Mais l’émulation n’est pas là et je me contente de regarder et photographier.

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Au lieu de rentrer directement, je décide d’aller à pied jusqu’à un parc que j’ai vu sur le plan. Quelle idée ! Je suis le trajet indiqué par Google Map qui voudrait me faire passer, moi, piétionne, par une sorte d’autoroute, évidemment sans trottoirs. J’essaie de contourner, fais des tours et des détours sans réussir à accéder à ce parc. Je risque ma vie 100 fois en traversant à la thaïlandaise au milieu du trafic dense. Mais pas le choix, à un moment il faut se lancer en faisant signe aux véhicules de s’arrêter. Inquiétant la première fois mais on s’y fait. J’arrive au bord du fleuve, il y a un embarcadère, je prends le premier taxi-boat pour rentrer. La nuit tombe et l’atmosphère est différente le long du Chao Phrayat. J’aime bien. C’est paisible, nimbé d’une jolie lumière.

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Je rentre au Shanti Lodge en traversant le marché de Thewet, mon quartier.

Après avoir dîné dans la rue, je veux essayer de retourner au temple où se tenait la fête ce matin, voir si c’est aussi animé en soirée. Je ne retrouve pas où c’est, et comme j’y étais arrivée par hasard, je ne me souviens pas par où j’étais passée. Mais je suppose qu’il n’y a plus rien, sans quoi j’aurais au moins été guidée par le bruit.

En tout cas, heureusement que j’ai 3 outils qui me sont particulièrement précieux ici : un iphone, internet, et l’application google map. Grâce aux 3 combinés, je peux me perdre, ne pas faire spécialement attention aux chemins que je prends. Ceux qui me connaissent savent à quel point je manque de sens de l’orientation, la tendance que j’ai à aller instinctivement à l’opposé d’où je devrais, et mon manque total de sens de l’observation sur ce qui m’entoure. Heureusement je sais aussi lire une carte, mais en l’occurrence la technologie m’apporte exactement l’assistance dont j’ai besoin pour naviguer dans la ville en sécurité.

2 commentaires sur « Jour 21 : Des tours et des détours… »

  1. Coucou . Contente de lire toutes tes péripéties … Les photos sont très belles. Moi ici j’ai quelques soucis avec ma maman. Elle est tombée chez elle le 10 février. Elle est restée au sol environ 4 heures avant de pouvoir attraper son tel. Elle a une fracture ouverte du bras et une fracture de la hanche. Elle est en chaise roulante en espérant que la rééducation puisse la remettre debout. Tu finiras par rencontrer des « viocs » non embourgeoisés qui feront un bout de chemin avec toi…patience ils en existent encore. Bon voyage bisou

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